06.11.2009
l'immédiateté
Je reconnais un défaut qui, je crois, correspond pas mal au rythme de notre époque. J'ai en effet tendance à choisir ce que j'écoute en fonction des 30 premières secondes. Si celles-ci ne me plaisent pas, je vais passer à côté.
Si on me conseille d'écouter tel ou tel artiste, tel ou tel album, je le ferais souvent (enfin, faut être honnête, tout dépend de la personne qui me conseille, hein. Et puis si on me conseille d'écouter un artiste dont je sais l'univers éloigné du mien, je n'y risquerais même pas la pointe d'une oreille). Mais le défaut, c'est que je me ferais une idée trop rapide.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a trop à écouter. L'argument facile du zapping perpétuel par la quête de nouveauté n'est pas franchement glorifiant. Je l'avoue néanmoins, à force de vouloir découvrir de nouveaux artistes, voire les nouveaux titres des artistes existants, on a tendance à oublier de s'attarder sur certains.
Alors il y a les piqures de rappel, qui marchent de temps en temps (je pense en particulier à Eiffel que j'écoute régulièrement en ce moment, alors que je n'avais pas été convaincu par la première écoute). Il y a aussi certaines chansons qui accrochent et qui nous renvoient à d'autres, pas forcément attractives à la première écoute et qui se laissent découvrir par la suite, une fois qu'on est entré dans l'univers.
C'est pas si facile, à l'époque actuelle, de prendre le temps de découvrir, de faire vraiment attention aux choses.
Prochain épisode, un peu lié : comment faire avec le concept d'album et comment découvrir, dans un album pas forcément à votre goût, une chanson sur laquelle on accroche.
A suivre.
19:14 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.10.2009
Réseau social à sens unique
Je le reconnais, je l'avoue sans même en avoir honte, certains le savent, non seulement j'ai un compte sur Facebook, mais je le consulte régulièrement.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que j'aime bien voir ce que mes amis y ont mis. Quel statut ils ont posté, quelle info les concernant ils ont partagée (je ne parle pas du "X est à la gare", suivi, quelques minutes plus tard de l'inévitable "X est dans le train")…
En fait, pour moi, ce genre de site est une occasion de suivre ce que font mes relations (j'hésitais, finalement, "amis", au deuxième degré est peut-être plus drôle). Je suis plutôt content d'avoir un nombre de contacts normal. Je ne les connais pas tous physiquement, mais je sais ce que je partage avec chacun d'entre eux et je m'intéresse souvent à ce qu'ils écrivent, en espérant qu'ils s'intéressent à ce que je poste.
J'avoue avoir une certaine méfiance vis-à-vis des personnes qui se vantent d'avoir plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'amis. On est là dans une amitié à sens unique, où celui qui se connecte sur le réseau n'a certainement rien à faire de ce que pensent ses 2000 contacts. Si l'un d'entre eux déprime complètement, s'il lance un appel au secours, qui va le lire ? Espère-t-il seulement être lu ? Je pense à un exemple… J'ai un ami qui compte plus de 200 facepotes. Alors bien sûr, il est écrivain à succès et son réseau comporte un certain nombre de fans, de lecteurs réjouis de pouvoir lire la prose et la vie quotidienne, d'apprentis écrivains qui… Ils ont un contact et c'est tant mieux. Il faut reconnaître que j'aime bien cette proximité qu'il arrive à entretenir avec ses lecteurs. C'est tout le statut (pas au sens facebouquien) de l'écrivain qui change et se rapproche des lecteurs grâce à sa démarche.
Avec autant de contacts, on change d'utilisation de ce service. Moi, je me contente volontiers de regarder ce que font les autres. satisfaire ma curiosité me convient davantage que savoir que des centaines de personnes apprennent que je suis en train de rédiger un post sur ce blog (en écoutant Eiffel, auquel un certain golbeur m'a convaincu).
19:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : facebook, amis, egocentrisme
15.10.2009
La phrase du jour
"J'ai compris que lorsqu'on s'appelle Sarkozy, les choses sont parfois plus difficiles"
En fait, ça doit être à cause de son nom qu'il a déjà redoublé 2 fois ses années de droit… Dire qu'on était mauvaises langues et qu'on croyait que c'était en raison de sa très faible assiduité et de sa méconnaissance totale en la matière…
12:47 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jean sarkozy
11.10.2009
Morale à géométrie variable
Ne comptez pas sur moi pour juger la moralité d'un ministre de la culture, j'avoue que cela ne me passionne pas. Cela me passionne même d'autant moins qu'on nous sert du réchauffé avec un bouquin qui avait déjà fait un semblant de buzz il y a quelques années (un peu comme l'accrochage bidon entre Cohn Bendit et Bayrou à propos du vieux bouquin de Cohn Bendit, d'ailleurs).
On assiste à un retour d'une espèce de puritanisme qui est assez malsain. C'est ainsi que sur Facebook, j'ai vu évoquer le mot "déviance". Et pas de la part d'un adorateur de Marine LP…
Et pourtant… Le truc qui, pour moi, a été le plus choquant, est venu d'un philosophe. Oui, je sais, depuis le temps qu'il se prend pour Claude Allègre et qu'il est prêt à dire n'importe quelle connerie pour être médiatisé, je ne devrais plus m'offusquer des propos de Finkielkraut. Mais quand même… Quand je l'entends dire qu'une gamine de 13 ans n'est plus une gamine, d'autant qu'elle en paraissait plus, c'est simplement abject. Avec lui, ce n'est plus l'âge réel qui servira à démontrer la pédophilie, mais un critère subjectif comme "elle paraissait plus vieille". Avec un peu de chance (oui, je fais exprès d'employer le terme), Marc Dutroux aussi pensait que ses petites chéries faisaient plus vieilles que leur âge…
Non, je ne fais pas de rapprochement entre Polanski et Dutroux. Comme les comportements de Frédéric Mitterrand, je m'intéresse peu aux agissements de Polanski. Ceux qui m'insupportent sont justement ceux qui jugent selon des proncipes à la con, sans rien connaître. Un des arguments des défenseurs de comptoir en faveur de Polanski était le fait que l'ex-gamine avait retiré sa plainte. Quelques jours plus tard, grâce aux interventions pleines de bon goût de Finkielkraut et je ne sais plus qui, elle se trouvait traînée dans la boue (elle faisait plus vieille, elle était consentante, elle s'était déjà tapée d'autres mecs…). En gros, les bons vieux arguments machos pour justitifer les viols depuis la nuit des temps. C'est jamais la faute du mec, mais de la fille qui l'a provoqué.
Pas de doute, moi, ce sont ces interventions que je trouve moralement repoussantes.
Juste pour voir l'abjection et pour, moi aussi, être un "lyncheur d'internet", je vous conseille cette vidéo de l'intervention de Finkielkraut, où il reprend la bonne vieille antienne qui consiste à salir la victime pour défendre les comportements douteux. Connaît-il l'affaire ? La victime ? Non, bien sûr, il est philosophe, il a le droit de juger et de salir une personne juste pour défendre sa posture.
18:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : polanski, finkielkraut
24.09.2009
Bêtisier
C'est pas malin, pas forcément vendeur, mais je crois que je ne vais pas résister à partager quelques perles.
En ce moment, je suis en train de corriger mon prochain roman. Il a nécessité des mois de travail, vous vous en doutez. Je l'ai déjà relu et corrigé, ma première lectrice est, elle aussi, passée par là. Pourtant, dans l'étape actuelle, je découvre des énormités qui, selon l'humeur du moment, me font beaucoup rire ou me dépriment complètement.
Que citer ? Cette phrase où j'évoque "la faiblesse de mes forces" ? Ce sont plutôt les répétitions que je débusque. Une fois repérées, elles sont tellement énormes que l'on se demande comment elles ont pu échapper aux précédentes lectures.
Quoi ? Vous voulez vous moquer ? Vous voulez des exemples ? Pfff…
"Je me doutais qu'elle n'habitait sans doute plus chez ses parents". "Je te rendrai les affaires personnelles… où se rendait ton père". "Elle resta immobile avant de reprendre ses esprits et de prendre une gorgée". Je termine par mon préféré : "Je servis les verres qu'elle me tendait et lui tendis le sien".
Vous comprenez pourquoi il faut être solide pour ne pas jeter l'ensemble des feuilles du manuscrit dans la poubelle destinée à recueillir le papier (je pourrais le faire, j'imprime sur des feuilles de brouillon). Je crois que c'est un des aspects de l'écriture. On dit souvent qu'il faut avoir de l'amour-propre pour écrire, mais de temps en temps, tout écrivain se rend compte à quel point l'amour-propre en question n'est qu'une énorme baudruche.
J'ai toujours été convaincu que c'était le travail qui comptait. Celui qui nous incite à lire, relire, corriger, reprendre, vérifier… Depuis une semaine, mon livre de chevet est un dictionnaire des synonymes. Moralement, c'est dur à accepter, mais je suis persuadé que c'est la seule méthode qui fera de mon manuscrit un bon roman correctement écrit (correct, hein, je ne vais pas me prendre pour je ne sais qui non plus… Mon ambition se limite à écrire correctement. C'est déjà pas mal !). Pour quelqu'un qui, comme moi, sait concevoir une histoire, mais ne considère pas qu'il écrit bien, les relectures multiples, si elles sont un supplice, sont une source de progrès incommensurables (et ça, c'est la classe, de finir sur un mot aussi long ! On dirait un véritable écrivain !).
21:20 Publié dans Ecrit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
















