12.11.2009

Assemblage d'oeuvres

J'évoquais rapidement le sujet l'autre jour, je me devais d'y revenir. En musique, la notion d'album m'a toujours posé un problème. J'ai toujours eu envie de piocher, de laisser de côté les titres qui ne me plaisaient pas et, même chez des artistes qui me plaisaient, ce tri a été de rigueur. Vous voulez des exemples ? Je n'ai pratiquement jamais dû écouter "Within you without you", sur Sgt Pepper. Pareil (à un degré moindre) pour la "chanson de la main", sur Du ciment sous les plaines. Ces chansons font partie des titres que j'ai rapidement supprimés pour n'écouter que ce qui me plaisait.

Tout cela pour dire que pour moi, la chanson était une oeuvre et l'album un assemblage destiné à vendre lesdites (Piaf, ah non, pardon, je m'égare) chansons.

Avec l'arrivée du numérique et du téléchargement, cette pratique est devenue encore plus évidente. Ma bibliothèque iTunes comporte environ 2600 titres, tirés de plus de 1000 albums. Je picore, téléchargeant les titres à mesure qu'ils m'intéressaient, délaissant les autres. Récemment, pour je ne sais quelle raison, je me suis remis à écouter, et surtout à acheter des albums. J'ai racheté des vieux trucs, des albums que j'avais ratés (Hard Candy des Counting Crows, par exemple), mais aussi des nouveautés, comme le Swell Season (comme tout le monde, j'ai découvert Glen Hansard dans Once, mais j'ai creusé, écouté ce qu'il faisait depuis 15 ans avec The Frames et ce gars n'a que ce qu'il mérite. Enfin !) ou d'autres…

Ces derniers temps, j'ai toutefois trouvé quelques raisons de revenir à mes vieux raisonnements. Je vais commencer par une découverte récente. Vous connaissez peut-être (moi, ça fait quelques jours seulement) K'naan. Ce mec est super brillant, fait un mélange de hip-hop, de rock, de reggae… Il y a des chansons que je trouve excellentes, dans des styles musicaux pas trop éloignés de mes goûts, mais à d'autres… il va beaucoup trop vers le rap pour moi. D'autres exemples ? On a parlé en d'autres lieux de l'album de Vic Chestnut. Brillant, sans aucun doute et pourtant… Je pioche, je recrache certains pépins. Je garde pour la fin l'exemple anecdotique, à savoir ma première idole. Le premier 33 tours que j'ai achetés était un album de Police. J'avais une dizaine d'années. Trente ans plus tard, j'ai écouté l'album de Sting. Une chanson m'a fait réagir… Soul Cake. En creusant, j'ai découvert qu'il s'agissait d'une interprétation d'un titre chanté, en leur époque par Peter, Paul & Mary (nom de Dieu, Mary est morte en septembre et on n'en a pas parlé ? Pas même fait un film sorti dans les salles du monde entier ? Je ne comprends pas… C'est pourtant ce trio qui m'a fait découvrir "Don't think twice"…).

Bref, l'ensemble de ces albums est suffisamment dépareillé pour qu'un auditeur ait le droit d'aimer ou non les titres qui le composent. Car il ne s'agit pas d'un jugement de valeur, mais d'un goût affiché.

Un peu comme pour un recueil de nouvelles. Quand vous en lisez un, vous accrochez sur une histoire et moins sur une autre. L'histoire de l'édition fourmille d'exemples (ça, vous l'avez compris, ça veut dire que je n'en ai pas en tête) de recompositions, de nouvelles d'abord publiées dans un recueil, puis dans un autre. Ce ne sont pas les Maupassant, Buzzatti, voire Bukowski qui me contrediront (oui, je sais, ils sont morts. C'est bien pour ça que je les ai choisis ! Sinon, j'aurais parlé de certains textes d'Olivier Adam, dernières nouvelles à m'avoir touché ces derniers temps).

Et puis, de toute manière, je fais ce que je veux. Si seulement l'édition permettait de n'acheter qu'une nouvelle et non un recueil, je suis sûr que je le ferais. Et si j'étais un peu plus technique, je comprendrais comment gérer les playlists de Deezer (et je saurais virer ce truc horrible de who's hot de ma colonne de gauche).





09.11.2009

Interdit de penser

Eric Raoult, député UMP, en a sorti une belle, dans la clique des députés qui se précipitent à la défense de leur président bien aimé dont on aurait dit du mal.

Il demande au ministre de la culture de rappeler aux auteurs primés "le devoir de réserve dû" à leur prix. En l'occurrence, le Goncourt. C'est marrant, ça, je n'y avais jamais pensé ! Evidemment, l'exemple qui me vient d'abord à l'esprit, c'est Malraux, qui a quand même fait une carrière politique au côté du général de Gaulle. Ah zut, désolé, dédé, tu ne peux pas faire de la politique, tu as eu le prix Goncourt !

Non, sérieusement, c'est quand même assez incroyable qu'un homme politique puisse vouloir interdire à un intellectuel de s'exprimer, sous prétexte qu'il a réçu un prix. Est-il nécessaire de rappeler que le prix goncourt n'a aucun rapport avec l'état ? Alors, je ne vois pas en quoi l'attribution de ce prix rendrait redevable auprès de la Sarkozie.

Ce type de sorties peuvent, au choix, faire rire ou inquiéter. Faire rire devant leur absurdité, tant on ne peut concevoir que l'on veuille limiter la liberté d'expression à ceux qui ne savent pas écrire et qui ne méritent donc aucun prix. Mais en même temps, c'est flippant car ce genre d'idées n'est pas lancée au hasard, mais cherche à gagner l'opinion sur la défense de la France. On en revient à "la France, tu l'aimes ou tu la quittes". Ce genre de raisonnement binaire qui cherche à culpabiliser et à dénigrer toute vision un peu critique. C'était la méthode Bush, on est avec ou contre nous, c'est encore la même chose. Comme quand on assimile soutien humanitaire aux sans papiers à des délits…

Et le pire, c'est que les rares personnes qui vont monter au créneau sur cette affaire vont se faire taxer de sales gauchistes, d'empêcheurs de tourner en rond, voire pire… d'intellectuels ! Ce qui me fait penser qu'à notre époque, dans cette catégorie, on est franchement limités. Vous imaginez la réaction de Sartre en lisant ces propos du député ? Ca aurait quand même une autre gueule que Glucksman ou BHL (je ne parle pas de l'autre, là, celui qui passe à la télé en permanence pour y aligner les perles…).

06.11.2009

l'immédiateté

Je reconnais un défaut qui, je crois, correspond pas mal au rythme de notre époque. J'ai en effet tendance à choisir ce que j'écoute en fonction des 30 premières secondes. Si celles-ci ne me plaisent pas, je vais passer à côté.

Si on me conseille d'écouter tel ou tel artiste, tel ou tel album, je le ferais souvent (enfin, faut être honnête, tout dépend de la personne qui me conseille, hein. Et puis si on me conseille d'écouter un artiste dont je sais l'univers éloigné du mien, je n'y risquerais même pas la pointe d'une oreille). Mais le défaut, c'est que je me ferais une idée trop rapide.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a trop à écouter. L'argument facile du zapping perpétuel par la quête de nouveauté n'est pas franchement glorifiant. Je l'avoue néanmoins, à force de vouloir découvrir de nouveaux artistes, voire les nouveaux titres des artistes existants, on a tendance à oublier de s'attarder sur certains.

Alors il y a les piqures de rappel, qui marchent de temps en temps (je pense en particulier à Eiffel que j'écoute régulièrement en ce moment, alors que je n'avais pas été convaincu par la première écoute). Il y a aussi certaines chansons qui accrochent et qui nous renvoient à d'autres, pas forcément attractives à la première écoute et qui se laissent découvrir par la suite, une fois qu'on est entré dans l'univers.

C'est pas si facile, à l'époque actuelle, de prendre le temps de découvrir, de faire vraiment attention aux choses.

Prochain épisode, un peu lié : comment faire avec le concept d'album et comment découvrir, dans un album pas forcément à votre goût, une chanson sur laquelle on accroche.

A suivre.

28.10.2009

Réseau social à sens unique

Je le reconnais, je l'avoue sans même en avoir honte, certains le savent, non seulement j'ai un compte sur Facebook, mais je le consulte régulièrement.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que j'aime bien voir ce que mes amis y ont mis. Quel statut ils ont posté, quelle info les concernant ils ont partagée (je ne parle pas du "X est à la gare", suivi, quelques minutes plus tard de l'inévitable "X est dans le train")…

En fait, pour moi, ce genre de site est une occasion de suivre ce que font mes relations (j'hésitais, finalement, "amis", au deuxième degré est peut-être plus drôle). Je suis plutôt content d'avoir un nombre de contacts normal. Je ne les connais pas tous physiquement, mais je sais ce que je partage avec chacun d'entre eux et je m'intéresse souvent à ce qu'ils écrivent, en espérant qu'ils s'intéressent à ce que je poste.

J'avoue avoir une certaine méfiance vis-à-vis des personnes qui se vantent d'avoir plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'amis. On est là dans une amitié à sens unique, où celui qui se connecte sur le réseau n'a certainement rien à faire de ce que pensent ses 2000 contacts. Si l'un d'entre eux déprime complètement, s'il lance un appel au secours, qui va le lire ? Espère-t-il seulement être lu ? Je pense à un exemple… J'ai un ami qui compte plus de 200 facepotes. Alors bien sûr, il est écrivain à succès et son réseau comporte un certain nombre de fans, de lecteurs réjouis de pouvoir lire la prose et la vie quotidienne, d'apprentis écrivains qui… Ils ont un contact et c'est tant mieux. Il faut reconnaître que j'aime bien cette proximité qu'il arrive à entretenir avec ses lecteurs. C'est tout le statut (pas au sens facebouquien) de l'écrivain qui change et se rapproche des lecteurs grâce à sa démarche.

Avec autant de contacts, on change d'utilisation de ce service. Moi, je me contente volontiers de regarder ce que font les autres. satisfaire ma curiosité me convient davantage que savoir que des centaines de personnes apprennent que je suis en train de rédiger un post sur ce blog (en écoutant Eiffel, auquel un certain golbeur m'a convaincu).

15.10.2009

La phrase du jour

"J'ai compris que lorsqu'on s'appelle Sarkozy, les choses sont parfois plus difficiles"

En fait, ça doit être à cause de son nom qu'il a déjà redoublé 2 fois ses années de droit… Dire qu'on était mauvaises langues et qu'on croyait que c'était en raison de sa très faible assiduité et de sa méconnaissance totale en la matière…