28.01.2009
Des mots
Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne fais pas souvent attention aux mots employés. J'ai beau lire, écrire, c'est plutôt ce que forment ces mots que je retiens.
Et pourtant, coup sur coup, je viens de remarquer par 2 fois que les mots employés avaient une connotation implicite sur l'ensemble d'un texte. Tout d'abord, j'ai reçu un mail annonçant une soirée de soutien à la population de Gaza. Il y était question de "l'agression" de l'armée Israélienne. Agression… D'après mon dictionnaire, une "agression est une attaque non provoquée et brutale". Autant dire qu'évoquer une agression de la part de l'armée Israélienne, c'est déjà prendre parti, considérer que l'attaque n'était pas provoquée (c'est l'argument des Israéliens, non ?) et qu'elle était brutale.
Deuxième cas, quelques instants plus tard, je vois dans la rue une affiche pour le Parisien. Le grand titre "Grève : qu'est-ce qui vous attend demain ?". Alors bien sûr, on peut prendre ça pour la méthode du Parisien consistant à tout ramener au niveau du lecteur de base pour qu'il se sente concerné et qu'il lise le journal. D'où le "vous". Mais dans le "qu'est-ce qui vous attend", il y a une connotation négative évidente, du genre "qu'est-ce que vous allez subir". On n'est pas loin du "qu'est-ce qu'ils vont nous faire subir" stigmatisant les grévistes.
Donc, oui, bien sûr, les mots ont un sens, la neutralité est difficile à obtenir, on le voit souvent dans la presse (d'ailleurs, je viens de faire un tour sur les sites du Nouvel Obs, du Monde et du Figaro (eh ouais !), la grève est annoncée de manière neutre, puisqu'on n'y parle que des perturbations et non de ceux qui vont les subir).
D'ailleurs, faut aussi être honnête, ces mots qui ont un sens, ils m'arrangent souvent ! J'aurais trop peur d'être transparent si ce n'était pas le cas. Faut juste que la subjectivité soit avouée.
18:02 Publié dans information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, gaza, vocabulaire, journalisme
21.01.2009
La chance de pouvoir courir
Hier, je faisais un aveu à un copain. Bien sûr, on passe notre vie à courir, on ne profite plus de grand chose à force de penser au retard, à force de penser au prochain truc qu'on aurait déjà dû faire… Mais c'est parce qu'on le veut bien (est-ce qu'on le vaut bien, c'est un autre sujet) !
C'est sûr que personne ne m'oblige à être écrivain, journaliste, blogueur amateur et professionnel (comment gérer 4 blogs (et sans doute bientôt 5), dont un me paie), lecteur professionnel, animateur d'atelier d'écriture, administrateur bénévole dans une association socio-culturelle… tout en passant du temps avec les enfants (tiens, demain, c'est atelier bibliothèque à l'école !), avec ma femme, tout en m'accordant du temps pour moi (je progresse tout doucement au piano… yes !).
Ca fait des journées bien remplies, mais j'ai la chance énorme d'être partant sur tout ça. On ne m'impose presque rien (mais c'est vrai qu'en terme de pression, je suis fort pour m'en mettre tout seul !). Alors même si je râle, je sais que c'est une chance folle que de pouvoir faire tout ça !
De temps en temps, il y a quand même un défaut qui m'apparaît… Hier, je suis passé dire un petit bonjour à deux libraires près de chez moi (les premiers à avoir vendu mon livre). L'un des 2 libraires a évoqué avec enthousiasme la rentrée littéraire de ce mois de janvier, alors j'ai regardé la table sur laquelle étaient disposées les nouveautés. C'était terrible ! J'aurais bien acheté 4 ou 5 livres (par exemple, le Olivier Adam, le Coe, le Auster…). Ma carte bleue a été épargnée, puisque je sais parfaitement qu'avec le programme actuel, j'en ai pour un moment avant de pouvoir lire une quelconque nouvauté. Le temps d'écluser quelques manuscrits et des romans en retard. En espérant que rien ne vienne repousser encore ce programme.
14:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2009
De la fiction à la réalité
C'est étrange… Ces derniers jours, je passe beaucoup de temps dans la fiction. Je navigue au large des côtes Bretonnes, je suis assez content de ma petite météo personnelle (ça, ça veut dire que j'avance enfin ! Youpi !). Mais dès que j'en sors, dès que je prends des nouvelles du monde réel, je me prends une claque.
J'ai du retard, je ne comprends que peu à peu ce qui se passe à Gaza. Tout à l'heure, je disais à ma petite femme que je croyais avoir enfin compris que ce qui se passait ces jours-ci n'était que la conséquence d'un an ou de je ne sais combien de mois de pourrissement d'une situation humainement invivable. Mais on était où pour s'alarmer des conditions économiques des civils de gaza ? Ou des populations vivant du côté égyptien, du côté du Sinaï ? Là, il ne s'agit pas d'un problème politique (quoique…), mais de misère.
Alors voir, entendre, lire… une guerre, une population civile prise en étau, c'est difficile à supporter à l'heure actuelle. On ne peut pas dire qu'on ne sait pas. On arrive même à savoir alors que les journalistes sont mis de côté.
La situation est encore plus choquante (si si, je vous assure) quand on entend des considérations du style "Israël veut aller vite avant l'investiture d'Obama" ou "les politiques Israëliens sont en campagne électorale avant les législatives du 10 février"…
Mais à part être horrifié quand on entend parler des hopitaux sans médocs, des médecins qui soignent sous les bombes…, qu'est-ce qu'on peut faire ? L'indignation, c'est bien gentil, mais bon… De même, les manifs comme celles de la semaine dernière sont dérisoires. Ca fait chier, tout ça (oui, être grossier aussi, c'est dérisoire, mais c'est bien une preuve de frustration). Filer du fric aux associations humanitaires qui sont sur place ne fait que soulager un peu la conscience et l'énervement de ne pas pouvoir être plus utile.
19:06 Publié dans information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gaza
09.01.2009
L'efficacité
Oui, je sais, en terme d'efficacité, je ne suis pas le mieux placé… Et pourtant, c'est le sujet que je voulais aborder ce matin.
Depuis plusieurs jours, on entend parler de records de consommation électrique. Tous les soirs de la semaine, on a battu des records. Au café, l'autre jour, j'ai feuilleté le Parisien (où vouliez vous que j'ai pu avoir ce journal entre les mains ?). Le pdg d'EDF évoquait sa crainte de pénuries.
Sur le coup, je me suis dit qu'il en rajoutait, qu'il cherchait tranquillement à nous arnaquer, du genre "vous voyez, il nous faut une petite centrale supplémentaire, c'est pour la construire qu'on va encore augmenter les tarifs". Et puis hier soir, on s'est retrouvé plus d'une heure dans le noir. Comme on l'a expliqué aux filles, nous, c'était pas grave. On était tous à l'intérieur, au chaud, le seul défaut était ce four qui ne voulait plus faire cuire le dîner.
Je ne pense pas que la panne soit liée à une pénurie quelconque, ce n'était qu'une coïncidence, comme un appel du pied pour que je pense à écrire sur le sujet. On sait que l'efficacité (ou efficience, si on veut se la jouer) énergétique est faiblarde. Pour ce qui concerne la seule électricité, on gâche une quantité d'électricité totalement hallucinante. Dans l'éclairage, déjà, en ne se bougeant pas pour mettre fin à l'ineptie ringarde des ampoules à incandescence. Ca fait combien d'années qu'on aurait dû préparer leur interdiction ?
Mais l'éclairage n'est que la partie visible de l'iceberg (et celui-là, contrairement au vrai, n'arrive pas à fondre). L'électro-ménager est toujours trop gourmand et je ne parle même pas des chauffages électriques, qui plus est dans des bâtiments mal isolés.
Le Pdg d'EDF semblait trouver normal que la consommation annuelle monte régulièrement. Bien sûr, lui, ça l'arrange ! Pour les actionnaires aussi. Mais pour l'avenir, pour la planète, c'est tout simplement scandaleux. Qu'avec toutes les mesures possibles, toutes les connaissances techniques, toutes les mises en garde, on continue à consommer toujours davantage d'électricité, moi, ça me déprime.
Sur les statistiques, on voit que l'augmentation concerne le résidentiel et non l'industrie (qui elle, baisse). C'est donc nous qui consommons trop !
On voit aussi la part ridicule de l'éolien… Je vous l'avais dit, que ça me déprimait…
11:26 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : électricité, énergie, edf
05.01.2009
Le ton ou l'idée
Je sais, je n'ai aucun esprit de décision.
Généralement, quand je dis ça, c'est pour des trucs anodins pour lesquels je ne suis pas foutu de faire un choix (du style "comment s'habiller", ou "quelle bouffe acheter"). Mais quand ce défaut vient me pourrir mes journées de boulot, ça m'énerve.
C'est le cas en ce moment. J'avance doucement sur un projet. Un truc dont je traîne l'idée depuis des mois, dont je bosse la trame depuis des semaines, dont j'ai déjà écrit le début. Un texte dont on m'a déjà dit que je ne l'écrirai jamais (faut-il préciser que c'est justement ce genre de remarques qui me font continuer ?). Je ne suis pas encore sûr de la façon dont je vais raconter l'histoire et c'est ce petit doute qui m'embête souvent. Le point positif, c'est que je crois avoir trouvé le ton pour la raconter (hem, n'est-ce pas contradictoire avec la phrase précédente ? Je ne crois pas).
Et l'autre soir (c'est une façon de dire que j'ai oublié quel soir), j'ai eu une idée géniale. Oui, bon, d'accord, c'est moi qui dis qu'elle est géniale. Disons que j'ai eu une idée (ça, ce n'est pas contestable). Un truc qui ferait un bon sujet de bouquin, avec déjà la tonalité, quelques éléments qui se mettent en place dès les premières secondes. J'en parle aussitôt à ma petite femme qui confirme que c'est un bon sujet.
Oui, mais il y a un défaut. Ce sujet n'est pas pour moi. Ou plus exactement, d'autres le traiteraient bien mieux que moi. Un peu comme le point de départ du 14 juillet aurait pu donner des livres au rythme bien plus tendu chez d'autres.
Alors évidemment, je me pose des questions. Est-ce que je me lance dessus, quitte à délaisser l'autre (et à donner raison à ceux qui n'y croyaient pas) ? Est-ce que je propose mon sujet aux copains (j'en connais un ou deux qui feraient un bon bouquin à partir de cette idée) ? Est-ce que je laisse ça de côté ?
Je crois que j'ai envie d'essayer d'aller au bout de mon histoire actuelle (nom de code "Riguidel"), ne serait-ce que parce que la façon dont j'essaie de l'écrire (malheureusement de manière trop lente) correspond à ce que j'ai envie de faire. Et maintenant que je suis grand (enfin, un peu plus dans ma tête), je sais que j'en ai encore pour des mois.
En gros, dans ma tête, il y a un match entre l'idée bling bling que j'essaierais de modeler à ma façon et une roman à l'écriture plus personnelle.
Alors finalement, c'est frustrant, d'avoir une bonne idée !
12:02 Publié dans Ecrit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
















