18.03.2009

Du vent sur la glace

Je viens de lire que Michel Rocard avait été nommé ce matin "ambassadeur de France chargé des relations internationales relatives aux poles Arctique et Antarctique".

Et là, forcément, je me suis posé des questions.

Déjà, j'ai pris mon dictionnaire pour vérifier le sens "officiel" du mot "ambassadeur". Il s'agit du "représentant officiel d'un Etat auprès d'un Etat étranger". Bon, avec l'Arctique et l'Antarctique, on ne peut pas dire que ce soit vraiment le cas… Ce n'est pas un état (même pas deux !). Les deux régions sont distantes de quelques kilomètres (pas beaucoup, hein, y a juste TOUTE la terre entre les 2 !).

Ensuite, on peut regarder la personnalité nommée. Un ancien premier ministre, aussi brillant qu'il ait pu être, âgé aujourd'hui de près de 80 balais et qui n'est pas passé loin d'être nommé ambassadeur dans l'au-delà il y a quelques mois. Autant dire que c'est pas le super-bosseur qui s'engage pour des années à fond sur le sujet.

Pourtant, il y a au moins un sujet important quand on parle des poles et il a visiblement été abordé au moment de l'annonce de la nomination de Rocard. C'est le retour, après quelques siècles, du fameux passage du nord-ouest. Cette route que les navigateurs ont toujours cherché parce qu'elle les aurait franchement arrangé pour gagner du temps en passant par le nord du continent américain au lieu d'aller plein sud vers le cap Horn.

Le passage du nord-ouest revient d'actualité avec le réchauffement climatique. Avec la fonte des glaces dans l'océan arctique, il y aura sans doute moyen pour les navires de passer par là. Ca fera gagner du temps, donc des sous, donc (encore) des gros malins sont déjà en train de préparer le business à faire. Parce qu'il ne faut pas croire, le réchauffement climatique, il y en a qui le voient déjà comme une poule aux oeufs d'or. Pas les gens de Tuvalu, de Bengladesh ou de toutes ces parties du monde qui seront rayées de la carte, mais ceux qui vont gagner encore plus de dollars grâce à lui. Ceux, comme on l'a vu, qui transportent des marchandises sur ces gros bateaux tout rouillés immatriculés dans des pays improbables où l'on n'a jamais vu la mer. Mais aussi, ceux qui se partagent les forages dans le grand nord, où se trouve le pétrole qui, jusqu'à présent était trop cher à atteindre… Oh, mais dites donc, ce ne serait pas les mêmes que ceux qui ont les bateaux rouillés ? Ce serait un hasard ?

Et c'est pas avec un ambassadeur digne d'un régime bananier qu'on va vraiment prendre en compte le problème.

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