31.03.2009

L'épaisseur des figurants

Ces derniers jours, je me suis retrouvé avec les mêmes problèmes, chaque matin.

A chaque fois, j'ai dû revenir sur ce que j'avais écrit la veille. Pourquoi ? Tout simplement à cause de personnages très très secondaires dont je me rendais compte qu'ils méritaient plus que le traitement que je leur avais fait subir.

Prenons un exemple… Mon personnage principal appelle un banquier au téléphone. Le banquier intéressant n'est pas intervenu auparavant (dans les 100 premières pages), il ne reviendra pas après. Autant dire que sa prestation n'a aucune importance et son caractère n'a pas besoin d'être défini sur 12 pages. Oui mais…

C'est un banquier particulier, il travaille dans un endroit particulier (remarque intéressante, comme si tout le monde n'était pas dans un endroit particulier !). C'est le banquier du père du personnage… Comment peut être un banquier de cette sorte ? Celui-ci répond-il aux critères du banquier de cet endroit ? Il y a toujours moyen de faire quelque chose d'un personnage, aussi insignifiant soit-il.

Bien sûr, j'ai pris un exemple un peu exagéré. On n'est pas obligé de définir dans le détail un personnage qui n'apparaît que sur un échange téléphonique de 5 lignes, un type que le narrateur n'a jamais vu et ne verra jamais.

Mais dans un livre, il y a beaucoup de personnages que l'on croise, que l'on pourrait qualifier d'utilitaires. Ils n'existent que pour leur fonction (le policier, le banquier, le facteur, le serveur du bar, le prêtre…). Je ne parle même pas de ceux que l'on croise au loin, voire en groupe, mais de ceux qui ont un tout petit rôle dans l'histoire. Ce ne sont que des figurants, mais ils ont besoin d'avoir un caractère propre. L'auteur prend)il le parti de leur laisser les clichés inhérents à leur profession ? Ou, à l'opposé, va-t-il tomber dans le cliché de l'anti-cliché ? Pas évident. Et pourtant indispensable pour faire de la vie dans un livre.

Allez, pour finir, je vais faire un aveu. L'autre jour, j'ai vu "les chtis". Je vous épargnerai une critique du film, ce n'est pas le sujet. Ce que j'ai constaté, c'est qu'il n'y a aucun figurant. Les rues sont systématiquement désertes. Il n'y a aucune épaisseur dans l'histoire qui est racontée, preuve s'il en est que les auteurs n'ont pas pris la peine de nous faire croire à la réalité de ce qu'ils racontaient.

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