27.05.2009

24 heures

J'ai réalisé, hier soir, qu'il ne me restait que 24 heures de la vie de mes personnages à raconter avant d'avoir fini mon roman. Ca a l'air de rien, 24 heures… Cela fait des mois que je tiens ce projet. D'abord les idées, puis la trame, enfin la rédaction depuis le début de l'année. J'ai déjà plus de 400 000 signes dans la machine, plus de 200 pages… Et là, je vois le bout. Ils n'ont que 24 heures à vivre. Je sais à peu près tout ce qu'ils vont faire, au cours de ces 24 heures. Qui ils vont voir, ce qu'ils vont écouter comme musique, ce qui va leur tomber dessus…

Et pourtant, ça ne veut pas dire qu'il ne me reste que 24 heures de boulot. Je suis même incapable de dire quand j'aurais fini. Tout comme j'ai toujours été incapable d'estimer à l'avance le nombre de pages ou de caractères que fera un projet quand je commence à rédiger. En gros, je me lance dans la rédaction en espérant ne pas me retrouver à sec après 100 pages. Peu à peu, je commence à me rassurer, au fur et à mesure que je vois ce qu'il me reste à faire.

Aujourd'hui, donc, je suis à 24h du terme. Une semaine de travail ? Deux ? Davantage ? Je n'en sais rien. J'ai hâte, en tout cas, de franchir la ligne, même si un autre gros travail de relecture, de corrections, va suivre pendant l'été (en attendant d'autres gros travaux, après des interventions extérieures).

Et puis 24 heures de la vie de personnages, ça ne veut rien dire, certains ont resserré des histoires entières dans ce laps de temps en respectant l'unité de temps chère au théâtre. D'autres, aussi, sont capables de sauver le monde entier avec leurs gros bras dans des séries télés qui durent neuf mois…

 

PS : Juste pour dire comme j'ai le sentiment de toucher au but… J'ai même un titre ! Provisoire, sans doute, mais un titre quand même !

13.05.2009

Des droits indispensables

Hier soir, je suis allé voir "Good morning England" au ciné. Pourtant, avec un aussi mauvais titre "français", fallait être motivé (en VO, ça a une autre gueule avec "the boat that rocked").

Je ne vais pas vous faire un résumé, vous n'avez qu'à voir la bande annonce. Il s'agissait donc d'un film sur la place prise par le rock et la pop grâce aux radios pirates dans les années 66-67 en Angleterre.

Evidemment, la BO contient un sacré paquet de grandes chansons, des Kinks aux Stones (j'adore le "one two" de Jagger en intro de "Jumpin' jack flash"), en passant par les Beach Boys, les Who, Jimi Hendrix et tous les autres… Tous ? Eh bien non, justement et c'est forcément frappant. Ca a certainement dû être une sacrée gageure de faire un film qui se passe dans ce milieu en 1966 sans insérer la moindre référence aux Beatles. Pour resituer, on est après Rubber soul ou Revolver, juste avant Sgt Pepper… Ignorer les Beatles ne peut avoir été volontaire.

En sortant de la salle, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il s'agissait d'une question de droits. Je ne vois pas d'autre raison. Le pire, c'est qu'il m'a semblé trouver un endroit où, dans le scénario original, il devait y avoir une référence. Avec un léger anachronisme de quelques mois, d'accord, mais il y avait un "it's getting better" qui ressemblait fort à une perche pour lancer la chanson (à propos de ces perches, certaines étaient lourdingues, par exemple pour amener "father and son" de Cat Stevens, "So long Marianne" de Leonard Cohen, ou "Eleonor" des Turtles).

L'absence des Beatles était frappante à mes yeux (ou à mes oreilles) et me renvoyait à leur absence des catalogues de téléchargement du type iTunes. D'après ce que j'ai lu récemment, la gestion des droits est compliquée (aujourd'hui, on peut trouver les titres solos de chacun des Beatles, mais pas leur catalogue en commun… Reste à trouver qui peut bien bloquer ça et pour quelle raison. A croire que le marché n'intéresse pas les ayants droits).

Autre remarque, plus personnelle, celle-là, cette question de droits me renvoie à ce que j'écris en ce moment. J'ai fait le choix de citer des chansons dans mon roman. Pas uniquement des titres ou des artistes (comme le fait par exemple Olivier Adam dans son dernier roman), mais carrément des paroles. Et je sais que ça peut passer tant qu'on est dans le premier jet, dans le manuscrit, mais ensuite, lorsqu'il s'agira de publication, il va falloir que l'éditeur s'assure d'avoir l'autorisation de reproduire ces textes. J'aime pas quand des questions juridiques viennent empiéter sur la création…

 

Ah, j'allais oublier de parler de la présence dans le film de Philip Seymour Hoffmann, une des raisons qui m'ont poussé à voir le film. Comment ne pas relier sa présence dans ce film à celle dans "Presque célèbre", de Cameron Crowe, qui racontait le parcours d'un apprenti journaliste parachuté au milieu d'un groupe de rock… Les deux films sont liés et pas seulement par un comédien.