12.08.2009

Brasser du vent

On se souvient, il y a quelques années, d'un premier ministre (qui n'avait pas encore tout à fait renoncé à la vie politique) avouant que l'économie dominait le politique (oui, je caricature, je sais).

Tout le monde lui est tombé dessus, il ne fallait pas le dire, c'était un tabou, une marque de renoncement qui inciterait les gens à se désinteresser de la politique… Sur le fond, il ne faisait qu'avouer ce qu'on savait depuis longtemps.

En ce moment, on aurait plutôt l'inverse. Un gouvernement qui communique sur tous les sujets, faisant croire qu'il maîtrise. Oui oui, pas de problème, on va faire en sorte que Gandrange vive. Les licenciements économiques massifs, on est sur le coup, on vous assure. Les pratiques des banques, ouais, on a mis des règles de folie, les mecs, ils piqueront plus jamais la thune engagée par l'état. Bon, évidemment, trois mois plus tard, il faut remonter au créneau pour expliquer que ça ne va pas se passer comme ça, qu'on ne les abusera pas…

Bon, évidemment, on n'est plus dupe, on sait bien qu'ils se foutent de nous. Les pratiques bancaires n'ont pas changé, ils ont toujours parfaitement le droit de se mettre des bonus plein les poches (faut que ce soit justifié, sois-disant… Mais justifié par qui ? Les contribuables qui paient ces primes ?).

Il existe encore un autre domaine sur lequel le gouvernement brasse du vent, attirant l'attention là où il le veut bien. Tout à l'heure, j'entendais dire qu'au ministère de l'éducation nationale, on planchait sur l'éventualité de fermeture des écoles pour éviter la propagation de la grippe A. Du genre, vous voyez, on bosse sur les cas les plus compliqués. Mais si ça se propage en étant à l'école… On peut supposer que les parents des gamins en question ne pourront pas non plus prendre le métro, aller dans leurs entreprises. Ah, zut, on retombe dans l'économie et on risque de faire baisser les cours de la bourse. Non, arrêtons là et parlons plutôt des enfants, montrons comme on réagit quand il y a un cas bénin dans une colonie de vacances…

Encore un exemple de communication bidon ? La Birmanie. Suite à ça, notre cher président bien aimé à mis ses vacances sur pause pour une déclaration fracassante dans laquelle il évoquait des actions "qui doivent viser tout particulièrement les ressources dont il profite directement dans le domaine de l'exploitation du bois et des rubis". Bon, c'est pas sa faute, il était fatigué, en vacances, tout ça, c'est sûrement pour ça qu'il a oublié d'évoquer le pétrole. Et puis, faut dire qu'il a un ministre qui lui assure depuis quelques années qu'en fin de compte, ils ne sont pas si méchants que ça, les généraux et que Total peut faire du fric là-bas (et lui aussi par ricochet). Ainsi, on communique en demandant des sanctions anecdotiques (et déjà en place), on passe pour un super-défenseur des droits de l'homme en ne faisant strictement rien qui engage quoi que ce soit.

Ce n'est plus de la diplomatie, c'est le business qui prime. Mais comme il ne faut pas le dire, on brasse du vent…

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