14.08.2009

Le cargo manquant

Ca ne doit pas vous étonner, l'affaire a de quoi titiller la curiosité… Depuis vingt-quatre heures, on entend parler d'un cargo qui aurait disparu au large des côtes européennes, dans l'océan atlantique. On sait qu'il se trouvait dans la Manche il y a une quinzaine de jours et qu'il se dirigeait vers Bejaïa (Bougie, pour les nostalgiques francophones ou les possesseurs de très vieux atlas). Or, il n'a jamais passé Gibraltar…

Avec cette histoire, on a de quoi faire tourner son imagination. Un cargo battant pavillon maltais avec un équipage Russe, qui aurait été attaqué fin juillet au large de la Finlande… Curieusement, cette attaque n'est évoquée que depuis deux jours… Le bateau transporterait du bois. J'utilise le conditionnel, parce qu'il faut bien chercher pour quelle raison des pirates auraient attaqué un bateau provenant d'un port russe. Le bois n'aurait une valeur inférieure à 2 millions d'euros. Autant dire rien.

Depuis 24h, la marine russe s'est lancée à fond dans les recherches, ce qui a incité l'Europe à s'intéresser à l'affaire et à chercher aussi.

Pourquoi tout cela ? Parmi les pistes évoquées, on parle aussi d'arnaque à l'assurance, ce qui serait quand même bien moins amusant qu'une prise d'assaut par un commando à la recherche d'une cargaison mystérieuse (selon la rumeur, du nucléaire, voire des armes). Il y a, dans toute cette affaire, de quoi faire une bonne histoire. En espérant que la chute vaudra le coup, elle aussi.

13.08.2009

Tout seul

C'est une des données de base du boulot de l'écrivain. Il est tout seul avec son histoire, sa page blanche, son ordi, tout ce qu'il veut, en fait, mais il reste… tout seul !

Et je peux vous assurer que ce n'est pas toujours facile. Déjà, j'en parlais plus haut, il y a la question de la page blanche, du jour, de la semaine où on est planté en pleine histoire sans être capable d'avancer. Là dessus, je m'en sors bien, je l'ai très peu connue, cette angoisse. Quand je sais quoi écrire, j'arrive à avancer. Pas toujours assez vite, c'est vrai, mais je ne suis jamais resté planté des semaines (ça, ça s'appelle réécrire l'histoire et oublier d'évoquer les 50 premières pages écrites en plus de trois mois…).

Ce dont je voulais parler aujourd'hui, c'est autre chose. C'est la phase suivante, où l'on tout aussi seul. Vous finissez le premier jet, vous le corrigez et vous êtes toujours seul. Vous l'améliorez et il n'y a encore que vous pour en juger. Autant dire qu'il faut avoir le moral pour éviter de tomber dans le piège du "finalement, ça ne sera pas assez bon". Car les doutes sont toujours là. D'une part parce que l'écriture n'est pas un domaine rationnel, quantifiable et d'autre part parce que l'écrivain lui-même n'est pas la personne la plus optimiste et la plus stable émotionnellement…

Je sais qu'il reste encore de grands moments de solitude, tant que personne n'a lu le manuscrit. Des moments d'espoir succèderont à ces doutes. Pas plus rationnels, d'ailleurs. Juste présents en raison de la fragilité et de la solitude de l'écrivain.

12.08.2009

Brasser du vent

On se souvient, il y a quelques années, d'un premier ministre (qui n'avait pas encore tout à fait renoncé à la vie politique) avouant que l'économie dominait le politique (oui, je caricature, je sais).

Tout le monde lui est tombé dessus, il ne fallait pas le dire, c'était un tabou, une marque de renoncement qui inciterait les gens à se désinteresser de la politique… Sur le fond, il ne faisait qu'avouer ce qu'on savait depuis longtemps.

En ce moment, on aurait plutôt l'inverse. Un gouvernement qui communique sur tous les sujets, faisant croire qu'il maîtrise. Oui oui, pas de problème, on va faire en sorte que Gandrange vive. Les licenciements économiques massifs, on est sur le coup, on vous assure. Les pratiques des banques, ouais, on a mis des règles de folie, les mecs, ils piqueront plus jamais la thune engagée par l'état. Bon, évidemment, trois mois plus tard, il faut remonter au créneau pour expliquer que ça ne va pas se passer comme ça, qu'on ne les abusera pas…

Bon, évidemment, on n'est plus dupe, on sait bien qu'ils se foutent de nous. Les pratiques bancaires n'ont pas changé, ils ont toujours parfaitement le droit de se mettre des bonus plein les poches (faut que ce soit justifié, sois-disant… Mais justifié par qui ? Les contribuables qui paient ces primes ?).

Il existe encore un autre domaine sur lequel le gouvernement brasse du vent, attirant l'attention là où il le veut bien. Tout à l'heure, j'entendais dire qu'au ministère de l'éducation nationale, on planchait sur l'éventualité de fermeture des écoles pour éviter la propagation de la grippe A. Du genre, vous voyez, on bosse sur les cas les plus compliqués. Mais si ça se propage en étant à l'école… On peut supposer que les parents des gamins en question ne pourront pas non plus prendre le métro, aller dans leurs entreprises. Ah, zut, on retombe dans l'économie et on risque de faire baisser les cours de la bourse. Non, arrêtons là et parlons plutôt des enfants, montrons comme on réagit quand il y a un cas bénin dans une colonie de vacances…

Encore un exemple de communication bidon ? La Birmanie. Suite à ça, notre cher président bien aimé à mis ses vacances sur pause pour une déclaration fracassante dans laquelle il évoquait des actions "qui doivent viser tout particulièrement les ressources dont il profite directement dans le domaine de l'exploitation du bois et des rubis". Bon, c'est pas sa faute, il était fatigué, en vacances, tout ça, c'est sûrement pour ça qu'il a oublié d'évoquer le pétrole. Et puis, faut dire qu'il a un ministre qui lui assure depuis quelques années qu'en fin de compte, ils ne sont pas si méchants que ça, les généraux et que Total peut faire du fric là-bas (et lui aussi par ricochet). Ainsi, on communique en demandant des sanctions anecdotiques (et déjà en place), on passe pour un super-défenseur des droits de l'homme en ne faisant strictement rien qui engage quoi que ce soit.

Ce n'est plus de la diplomatie, c'est le business qui prime. Mais comme il ne faut pas le dire, on brasse du vent…

03.08.2009

Seul le record compte

Depuis un an environ, je nage (eh eh, quel humour !) dans le milieu de la voile, je m'intéresse aux navigateurs, je suis leurs performances (en tant que telles et non pour leur résultat sur le papier).

Donc, logiquement, j'ai suivi les tentatives de record de traversée de l'Atlantique nord qui ont enfin eu lieu en fin de semaine. Et quand je lis et j'entends les compte-rendus qui en sont faits, forcément, ça m'énerve.

Vous avez entendu les informations au cours de ces 24 dernières heures, vous avez donc appris que Pascal Bidegorry avait battu ce record. En étant un peu plus attentif, vous avez pu entendre qu'il n'était pas le seul sur le bateau (il était le skipper d'un équipage de 12 marins).

Ce qui m'énerve (entre autres), c'est qu'on ne dit pas un mot sur l'autre tentative qui avait lieu au même moment. Un autre bateau, skippé par Franck Cammas (l'ancien détenteur du record) a, lui aussi, battu l'ancien record. En gros, personne n'avait traversé l'Atlantique en moins de 4j, ils l'ont fait en 3j, 18h… Impressionnant, non ? Le problème, c'est que Bidegorry était arrivé quelques heures plus tôt, en 3j, 15h… Donc, tout le monde se fout de la performance de Cammas et de son équipage.

Autre sujet intéressant, le principe même de ce genre de record… Ca fait des semaines que les 2 bateaux étaient dans les starting-blocks, à New-York. Tout le monde était prêt, à attendre la bonne "fenêtre météo". Ah ben oui, il ne faut pas croire qu'ils partent au hasard, sûrs de leur bateau. Ils ne vont pas s'amuser à tomber dans la pétole et se traîner sur l'océan, de même qu'ils ne vont pas risquer de casser leur jouet.

Ca fait fes mois qu'ils le préparent, ce record (les deux bateaux). Tout est fait pour cela. C'est la technologie mise dans le seul but de battre un record, d'en mettre plein la vue. Devant le nombre d'accidents, il y a une dizaine d'années, les grandes courses de voile avaient décidé de limiter la taille de ces monstres. Beaucoup de marins se sont calmés et ont préféré d'autres options. Les courses en équipages sur ces maxi-multicoques ont pris une autre teneur. On est revenu aux classements pour les 60 pieds (à peu près la moitié de la taille du Banque pop de Bidegorry).

C'est quoi, l'intérêt de tels records ? Déjà que je ne m'intéresse pas aux courses… La voile, pour moi, c'est plus l'exploit d'arriver au bout. Je repense au Vendée Globe, que j'avais suivi pour les mêmes raisons professionnelles. J'étais presque plus admiratif envers le dernier, l'Autrichien qui a bouclé son tour du monde un mois après Desjoyeaux, mais sur un vieux bateau, avec des moyens fincanciers bien plus limités…

A ce propos, et vous en entendrez parler dans les semaines et les mois qui viennent, j'en profite pour clamer mon admiration envers Eugène Riguidel. Un grand navigateur et un mec bien. Mais j'y reviendrai forcément…

 

Ah oui, quitte à parler des navigateurs, je ne peux qu'être impressionné par Yann Elies, qui se fracture la jambe au milieu de nulle part en décembre (en plein Vendée Globe, il a dû tenir seul à bord pendant plusieurs jours en attendant les secours venus d'Australie). Ce week-end, il a gagné la première étape de la course du Figaro. Ce n'est pas tant la victoire qui m'impressionne que sa participation. Ce mec n'a pas pu poser un pied par terre pendant des semaines et 6 mois plus tard, il reprend comme si de rien n'était… Des malades, je vous dis…

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