13.05.2009
Des droits indispensables
Hier soir, je suis allé voir "Good morning England" au ciné. Pourtant, avec un aussi mauvais titre "français", fallait être motivé (en VO, ça a une autre gueule avec "the boat that rocked").
Je ne vais pas vous faire un résumé, vous n'avez qu'à voir la bande annonce. Il s'agissait donc d'un film sur la place prise par le rock et la pop grâce aux radios pirates dans les années 66-67 en Angleterre.
Evidemment, la BO contient un sacré paquet de grandes chansons, des Kinks aux Stones (j'adore le "one two" de Jagger en intro de "Jumpin' jack flash"), en passant par les Beach Boys, les Who, Jimi Hendrix et tous les autres… Tous ? Eh bien non, justement et c'est forcément frappant. Ca a certainement dû être une sacrée gageure de faire un film qui se passe dans ce milieu en 1966 sans insérer la moindre référence aux Beatles. Pour resituer, on est après Rubber soul ou Revolver, juste avant Sgt Pepper… Ignorer les Beatles ne peut avoir été volontaire.
En sortant de la salle, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il s'agissait d'une question de droits. Je ne vois pas d'autre raison. Le pire, c'est qu'il m'a semblé trouver un endroit où, dans le scénario original, il devait y avoir une référence. Avec un léger anachronisme de quelques mois, d'accord, mais il y avait un "it's getting better" qui ressemblait fort à une perche pour lancer la chanson (à propos de ces perches, certaines étaient lourdingues, par exemple pour amener "father and son" de Cat Stevens, "So long Marianne" de Leonard Cohen, ou "Eleonor" des Turtles).
L'absence des Beatles était frappante à mes yeux (ou à mes oreilles) et me renvoyait à leur absence des catalogues de téléchargement du type iTunes. D'après ce que j'ai lu récemment, la gestion des droits est compliquée (aujourd'hui, on peut trouver les titres solos de chacun des Beatles, mais pas leur catalogue en commun… Reste à trouver qui peut bien bloquer ça et pour quelle raison. A croire que le marché n'intéresse pas les ayants droits).
Autre remarque, plus personnelle, celle-là, cette question de droits me renvoie à ce que j'écris en ce moment. J'ai fait le choix de citer des chansons dans mon roman. Pas uniquement des titres ou des artistes (comme le fait par exemple Olivier Adam dans son dernier roman), mais carrément des paroles. Et je sais que ça peut passer tant qu'on est dans le premier jet, dans le manuscrit, mais ensuite, lorsqu'il s'agira de publication, il va falloir que l'éditeur s'assure d'avoir l'autorisation de reproduire ces textes. J'aime pas quand des questions juridiques viennent empiéter sur la création…
Ah, j'allais oublier de parler de la présence dans le film de Philip Seymour Hoffmann, une des raisons qui m'ont poussé à voir le film. Comment ne pas relier sa présence dans ce film à celle dans "Presque célèbre", de Cameron Crowe, qui racontait le parcours d'un apprenti journaliste parachuté au milieu d'un groupe de rock… Les deux films sont liés et pas seulement par un comédien.
15:25 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, droits d'auteur, good morning england, plilip seymour hoffmann
22.10.2008
Entre fiction et réalité
J'ai hésité avant d'aller voir "Entre les murs". Je n'avais pas lu le livre, mais ce qui me faisait hésiter, c'était surtout ma connaissance des collégiens que j'ai fréquentés pendant un an dans le cadre de l'aide aux devoirs.
En fin de compte, j'ai retrouvé un certain nombre d'éléments dans le film. Des souvenirs plutôt sympas, mais aussi des moments plus durs (le "touche-moi pas", qui m'a fait tout arrêter).
C'est peut-être cette expérience qui m'a fait pointer des trucs qui m'ont paru peu crédibles. Comme la quasi-absence de méchanceté entre les gamins (faut être lucide, y a pas plus méchant que des ados entre eux) ou la présence des parents (j'ai l'impression que si les parents étaient aussi présents que dans le film, les gamins auraient bien moins de mal).
Pendant tout le film, j'ai pensé aux collégiens que je connaissais et à ceux qui, aujourd'hui encore, cherchent à les aider. Il était question de les emmener voir le film. Ca ne me paraît intéressant qu'en travaillant après le film pour l'expliquer, pour en discuter. Car ce qui fait la force du film, c'est qu'il ouvre plein de pistes. Il n'y a aucune vérité affirmée, c'est au spectateur de se faire son opinion.
Dans une société où on a tendance à chercher obligatoirement des bons et des méchants (cf Bush ou Sarko, qui ont toujours besoin de trouver des coupables à critiquer), le film n'en propose pas. Le prof n'est pas bon, les élèves ne sont pas tous négatifs (j'ai bien aimé l'ado type, capable d'envoyer chier un prof un jour et d'être très ouverte le lendemain). Tiens, à propos du prof… Je ne parle pas du pêtage de plomb, que j'ai trouvé totalement artificiel… Mais il était déjà franchement limite depuis le premier jour, avec un rapport aux jeunes à la limite de la méchanceté (c'est déjà limite de demander à un ado d'évoquer sa personnalité en public, mais alors le vanner dans ces moments-là, c'est grand !).
Ce qui frappe également, c'est l'absence de fonds dans les cours. Les gamins "lisent" le "journal d'Anne Franck", c'est vrai ; on les voit rédiger quelques textes, mais c'est tout. A la fin de l'année, et c'est peut-être révélateur, quand leur prof leur demande ce qu'ils ont appris, ils ne répondent que dans d'autres matières. Et pour le spectateur aussi, le cours de français se sera résumé à des échanges verbaux, à l'apprentissage, oral toujours, de quelques mots de vocabulaire, ou à la révision des conjugaisons.
De la même manière que le fonds n'est pas évoqué, on en ressort avec le sentiment que le prof n'a aucune idée sur ce qu'il doit faire des enfants. C'est sans doute pour ça qu'on peut supposer que Bégaudeau n'était pas fait pour avoir la responsabilité d'ados, mais c'est frappant à plusieurs reprises dans le film. Que faire d'un gamin en difficulté qui fout le souk ? Lui foutre la paix, c'est une chose, mais est-ce un service à rendre, aussi bien au gamin qu'au groupe ? Autant de grandes questions qui n'ont pas de réponse (heureusement, d'ailleurs, qu'on n'a pas droit à des réponses en kit), mais qui font résonnance avec ce que j'ai vécu.
Pour moi, ce film ne représente pas la réalité (laquelle, d'ailleurs ?). Il s'agit d'une fiction, fractionnée, dont les coupes ajoutent encore ce sentiment irréel (où est la vie ? que pensent les profs entre eux, aussi bien au quotidien que lors des éclats) ? que se passe-t-il hors des "murs" ? Comment se déroule l'intégralité des cours ?). C'est un indicateur, qui lance des pistes, qui pointent un certain nombre de choses dans le genre "y a ça, ça et ça", mais qu'on ne doit surtout pas prendre au premier degré pour dire "oui, oui, c'est ça, les cours dans les collèges des quartiers populaires de Paris (ou de sa banlieue, pour ce que j'en connais).
Ce qui me fait peur, c'est que le succès de ce film ne change rien. Peut-être parce qu'il n'y a pas de réponse. Mais aussi parce que l'auteur a voulu se préserver en ne rendant aucun personnage attachant. Alors que c'est encore plus compliqué quand on se rend compte à quel point ces ados sont attachants ! On n'en est que plus énervé de voir qu'on n'a pas de solution à leur offrir (faut voir mon état quand j'ai baissé les bras… Personnellement, je ne pouvais plus encaisser, mais c'était une réelle souffrance de les abandonner).
15:32 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entre les murs, bégaudeau, collège, ados
15.08.2008
Faire passer un message…
Hier, je suis allé voir Wall E en famille. Ce que j'aime bien avec ce genre de film, c'est qu'après, on peut comparer les 3 lectures. Version 5 ans, version 8 ans et version adulte.
C'est de la version adulte que je voudrais parler.
Sans surprise, j'ai apprécié tout le côté sensibilisation du film. Ce qu'on retrouve derrière les bonnes histoires de science fiction (et dieu sait que je ne suis pas client de ce genre, tellement pourri par les fantasmes de gamins nourris aux combats intergalactiques…). J'ai retrouvé un truc que j'avais apprécié dans Minority Report, par exemple, à savoir, planqué au milieu d'un film grand public, un gros message qui clignote "regardez où on va ! C'est flippant, hein ?".
Donc, oui, pas de doute, la gestion des déchets, l'abrutissement de la population derrière un écran… Tout ça, je suis preneur !
Maintenant, quel est l'impact ? Hier, nous sommes sortis les derniers de la salle et je n'ai pu réprimer un sourire : il y avait des déchets dans toutes les rangées. Cartons de pop corn, emballages divers, bouteilles d'eau abandonnées… Les gens ont vu un film qui évoquait le surplus de déchets, ils ont rigolé et ensuite ont abandonné leurs propres déchets pour continuer leur vie normale, consommant toujours autant, rallumant leur portable, retournant devant leur télé…
Alors, je sais, c'est toujours un message pour se donner bonne conscience, émanant d'une grosse boîte de l'entertainment mondialisé…
18:43 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : wall e, déchets, écologie, futur
29.07.2008
Frustrant…
Hier soir, j'ai vu "le premier jour du reste de ta vie".
Et ce film m'a énervé. On suit pendant une quinzaine d'années une famille (la mère, Zabou Breitman, le père Jacques Gamblin, les 2 fils et la fille). Le problème, c'est le parti pris de ne suivre que les moments clés de leur vie. On saute cinq ans pour passer d'un moment à un autre…
OK, c'est sympa, il y a de belles scènes (aussi bien de comédie que de drame), mais je ne peux m'empêcher de regretter tout ce qui fait l'épaisseur des personnages. Quitter une mignonne gamine de 8 ans en 1988 pour retrouver une ado grunge 5 ans plus tard, c'est un peu facile. Où est le glissement progressif ? Comment peut-on espérer comprendre la gamine si on ne cherche pas à savoir ce qui l'a emmenée dans cette direction ?
Je prends l'exemple de la gamine, mais c'est valable pour tous les personnages. Le film est une sorte de best of des moments importants d'une famille. Je suis convaincu que l'auteur (à savoir le réalisateur) en sait bien plus. Evidemment, il aurait tout mis dans son film, on en aurait eu pour quelques dizaines d'heures. Mais ça n'empêche, je trouve ça frustrant. Il y a trop de scènes qui auraient mérité que l'on s'attarde, que l'on revienne sur ses conséquences (la lecture du journal intime).
Sauf erreur, j'ai même trouvé une scène coupée au montage. Il n'est en effet pas possible que les acteurs aient tourné une scène dans un lieu précis, non évoqué auparavant, dans un costume que l'on n'attend pas… sauf si on relie avec une réflexion entre le père et son fils quelques minutes auparavant (oui, je sais, je parle par énigmes, c'est parce que ça vend bien, le côté mystérieux, on croit que je suis super intelligent ! :-))).
Tout ça pour dire que j'ai été incapable d'apprécier réellement ce film qui regorge pourtant de choses intéressantes. Ma femme, elle, a adoré… jusqu'à ce que je l'emmerde avec mes frustrations !
Quant à la musique (je sais que certains sont intéressés)… j'ai souri à l'utilisation de "perfect day", qui m'a parue plutôt logique (contrairement à Indochine… Sérieusement !! Z'ont pas honte ?). Et le générique de fin, sans surprise, sur la chanson de Daho… Comme toute chronique à différentes époques, la musique fait partie des repères pour aider le spectateur à s'y retrouver (comme la Une de L'équipe du lendemain du france-Bulgarie de Novembre 93 ou le suicide de Kurt Cobain).
PS : J'aime bien quand j'ai des nouvelles de copains perdus de vue grâce aux génériques de films ! En tout cas, ça m'a fait plaisir pour lui !
15:08 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.05.2008
Stranger than fiction
J'ai entendu parler pour la première fois du "destin d'Harold Crick" lors de sa sortie américaine, ça doit faire 18 mois de cela. Je traînais sur un blog musical où il était question de la bande originale du film. J'ai alors vu la bande annonce et ça m'a donné envie. Avec toutefois un gros bémol, la présence de Will Ferrell… Le genre d'acteurs jouant sur sa tronche, et qu'on n'attend donc pas dans un film intéressant, mais plutôt dans une grosse comédie (catégorie Jim Carrey, donc…).
Finalement, je n'ai pas vu le film au cinéma lors de sa sortie sur les écrans français, je me suis rattrapé hier soir.
L'histoire est celle d'Harold Crick, agent des impôts, insignifiant, avec une petite vie solitaire parfaitement réglée, tous les jours identique… jusqu'à ce qu'un beau jour, il se mette à entendre une voix. Il comprend alors qu'il est le personnage qu'une femme écrivain est en train de rédiger. Ses sentiments sont parfaitement retranscrits, elle sait tout de lui… Et elle annonce, au détour d'une phrase, sa mort imminente. Evidemment, Harold panique, se met à la recherche de l'auteur pour changer la fin de l'histoire, et surtout se met à vivre différemment, maintenant qu'il sait qu'il est en suspens…
L'idée de départ est excellente. Le film hésite souvent entre l'absurde de la situation, l'empathie que l'on finit par ressentir envers Harold… On suit également le personnage de l'écrivain, interprêtée par Emma Thompson. Incapable d'écrire depuis 10 ans, elle peine à trouver la fin de son livre. Elle sait qu'elle doit tuer son personnage (elle le fait toujours), mais n'a pas la solution. Elle a besoin de voir, de se mettre en situation pour visualiser la scène qu'elle va écrire, aussi la voit-on à plusieurs reprises se promener dans différents lieux, en quête d'une idée pour supprimer Harold.
Il y a également ce personnage d'assistante, envoyée par l'éditeur pour obliger l'auteur à s'activer, histoire de respecter son contrat et sortir le livre au plus vite.
Que dire du personnage de prof, interprêté par Dustin Hoffmann ? Un peu barré, il aide Harold à trouver l'écrivain par des méthodes… euh… curieuses !
Tout ça fait un film un peu spécial, pas forcément bien foutu, mais intéressant. Avec le sentiment que ce qui apparaît dans le film n'est qu'une partie de ce qui peuplait le cerveau de l'auteur. Des bouts de piste ne sont pas creusées… Mais à l'arrivée, on a un film, comme souvent parmi ceux que j'aime bien, un peu bizarre, que l'on pourrait rapprocher de la famille Gondry-Kauffmann-Jonze. Un film qui porte bien son titre original (qui colle tellement que j'en ai profité pour le titre de ce billet !), titre tellement plus évocateur que le minable titre français… On pourrait aussi le lier au Truman Show (tiens, on retrouve le lien Carrey-Ferrell !) pour le personnage qui se rend compte qu'il n'est qu'un pion manipulé par quelqu'un d'extérieur (de supérieur ?)
Ah, tiens, je n'ai pas parlé de la bande originale. Elle repose en grande partie sur les chansons de Spoon, mais avec une pincée de Clash ("death or glory") ou the Jam.
Pour conclure, je viens de jeter un oeil à imdb, le scénariste a par la suite écrit M. Magorium, sorti cet hiver avec Dustin Hoffmann encore (et Natalie Portman !). Quant au réalisateur, c'est lui qui a récupéré le prochain James Bond.
11:54 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinema, spoon
13.05.2008
Vieille nouveauté
Tout à l'heure, alors que j'étais chez le coiffeur (eh oui, ça, c'est de l'information !), j'ai entendu une bande annonce pour le téléfilm diffusé ce soir sur France 2. Je connaissais cette histoire ! Depuis, j'ai vérifié sur mon ordinateur, c'est plutôt curieux…
Mais reprenons le fil… Hop, un coup de machine à remonter le temps, nous voici dix ans en arrière. A cette époque, je rejoignais une petite société de production. J'avais en charge une série documentaire sur des sujets tellement passionnants que j'évite de les détailler ici. Dans le "bureau" (en fait une pièce qui devait faire à tout casser 5m2, qui n'avait aucune fenêtre mais une vitre nous permettant de surveiller le voisin) d'à côté, un copain bossait depuis de longs mois déjà sur un projet de téléfilm pour France 2. Le scénario avait été acheté et on attendait les sous de France 2 pour lancer la pré-production. Une documentaliste avait effectué un énorme boulot pour recenser tout ce qui caractérisait l'époque (le film se passait en 1967-1968) : musique, actualités, vêtements, voiture… Un réalisateur avait été choisi, il avait rebossé le scénario, il était prêt à s'y coller.
L'affaire a traîné pendant des mois, plombant complètement notre minuscule structure. Le producteur attendait que ça démarre, il allait très régulièrement dans les locaux de france Télévisions (qui changeait alors de responsables pour les fictions), il relançait, ça n'avançait pas et ça mettait en grand danger notre boîte. Et puis un jour, france 2 a décrété que le projet était abandonné. Pour nous dédommager, nous avons eu droit à un chèque.
La boîte a dû fermer, mon pote s'est fait licencier (il était permanent), alors que le producteur et moi-même tentions de nous relancer ensemble dans une autre structure.
Ce projet, abandonné par France 2 en 2000, est diffusé ce soir à 20h50. Il a gardé son titre (ou un de ses titres de l'époque) "Les vacances de Clémence" ainsi que son réalisateur. D'après ce que je viens de voir sur le net, le film s'est tourné en octobre 2007.
Evidemment, on peut voir "l'utilité" pour France 2 de diffuser un téléfilm dont l'action se déroule (ou se termine, pour être plus précis) en Mai 1968. On profite ici d'une période de commémoration. Evidemment, personne ne dira que le scénario original a 10 ans, que sa version retravaillée avait fini au fond d'une poubelle il y a 8 ans…
Ce soir, je ne vais pas regarder "Les vacances de Clémence". Mais je vais regarder les génériques de début et de fin. Rien que pour voir si ceux qui ont travaillé à l'élaboration du projet sont cités (et comment ils le sont).
16:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : telefilm, france 2, vacances de clémence
21.02.2008
Juno (ça c'est un beau titre de note !)
Je ne vais pas revenir sur ce qui guide mes choix quand je vais au cinéma, je l'ai déjà écrit, ça tient plus du feeling que de la logique. Donc, depuis un moment, j'avais envie d'aller voir "Juno". J'avais vu la bande annonce, ça avait l'air sympa.
Le film suit une gamine de 16 ans un peu délurée qui se retrouve enceinte. Elle hésite à avorter puis décide de garder l'enfant pour organiser son adoption à la naissance. Elle rencontre donc les futurs parents…
Dit comme ça, on comprend bien que le film pourrait aussi bien être insupportable qu'un truc sympa… Tout dépend du traitement, de la façon de voir l'histoire, de la gamine… A l'arrivée, Juno s'avère un film très sympa, porté par une Ellen Page très bien (c'était elle qui jouait Lilith, mais si, souvenez vous, dans Regenesis, sur Arte !).
Autre élément déterminant, la bande son. Ce n'est pas une surprise si c'est un point important pour moi. La musique revient dans les dialogues (savoir quelle est la plus grande année pour le rock ou si Sonic Youth fait autre chose que du bruit…). La bande originale est excellentes, une espèce de folk foutraque, essentiellement composée par Kimya Dawson (qui, après la séparation des Moldy Peaches, avait moins fait parler d'elle que son excellent compère Adam Green). Ca fait complètement enfantin, un peu n'importe quoi, mais ça colle parfaitement à l'ambiance du film.
Vous pouvez écouter la BO sur le site du film (le "I am a vampire" passe pendant le générique de fin, il m'a beaucoup fait rire !). Et en allant sur ce site, je me suis rappelé que j'avais entendu dire que le film était nommé aux Oscars. Ah oui, quand même, hein. On est encore une fois dans les films indépendants récupérés par les majors pour la distribution (Fox Searchlight, comme pour "Little Miss Sunshine" l'an dernier).
Ah et puis tiens, j'ai oublié de préciser que le réalisateur avait déjà "commis" Thank you for smoking l'an dernier…
10:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinema, musique, Juno
03.12.2007
Once
On peut avoir plein de raisons pour aller voir un film au cinéma. Je crois que le truc qui marche le mieux avec moi, c'est que je sens les films qui vont me plaire. J'entends parler d'un film, je lis deux trois lignes dessus (Little Miss Sunshine), j'entends des titres de la bande originale (Garden State)… Il ne m'en faut pas plus pour flairer que ça va me plaire et foncer.
C'était le cas quand j'ai vu la description en 3 lignes de "Once", sur le site où je cherchais un film à aller voir ce week end. Pourtant, il n'y avait pas d'histoire, le sujet avait l'air mince… Oui, mais ça avait l'air "humain" (c'est le premier argument que j'ai utilisé pour convaincre ma femme… Curieusement, il lui a quand même fallu voir la bande annonce avant de céder).
A l'arrivée, on a vu un film qui ne tient que par sa musique. Musique qui occupe d'ailleurs 30% du temps du film, alors heureusement qu'on l'a aimée !
Pour vous donner envie, j'aurais pu me contenter de mettre une vidéo, avec une des chansons. Surtout la scène où les deux personnages jouent ensemble pour la première fois. Tout en chantant et en s'accompagnant à la guitare, il ne quitte pas des yeux les mains de la fille sur le piano. Il ne la connaissait pas la veille et elle joue son morceau ! Il passe tellement de choses dans son regard, ses yeux exorbités…
Le film raconte donc la rencontre de deux personnages, à Dublin. Lui, il gagne sa vie en réparant des aspirateurs et passe tout son temps à jouer la musique qu'il compose sur sa vieille guitare, à la jouer dans les rues. Elle est une jeune émigrée tchèque récemment arrivée, passionnée de musique et vendeuse de roses dans les rues.
Est-ce une histoire d'amour ? Non, c'est la musique qui a le rôle principal. Et comme elle est belle, on ne peut qu'être touché.
Je ne connaissais pas Glen Hansard, pas plus que son groupe The Frames, avec qui il joue depuis 15 ans (ils ont sorti 6 albums, je crois). Mais depuis 24 heures, je n'écoute plus que ça !
10:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Once, Hansard, film
30.07.2007
Hommages
Avec l'annonce de la mort de Michel Serrault, j'imagine que les hommages vont pleuvoir dans les médias. Ils avaient été nombreux pour Brialy, on va sans doute avoir encore pire (ce qui ne serait que justice !) !
Les chaînes vont sans doute profiter de l'occasion pour nous refourguer un de ses films, déjà multidiffusé et qui permettra un carton d'audience. Car, on n'est quand même pas naïf, ce n'est pas pour pleurer tel ou tel que les chaînes diffusent leurs films le soir même de leur décès. Non, c'est juste pour profiter de l'ambiance, pour jouer sur les sentiments encore chauds du public envers un acteur.
C'est d'ailleurs pour cela qu'il est peu probable que l'on voie un film de Jean Pierre Mocky, avec qui Serrault a pourtant tourné je ne sais combien de fois (15 ? 20 ?). Pas non plus un beau film dans lequel l'interprétation de Serrault force l'admiration, mais plutôt la 147 ème rediffusion de "La cage aux folles".
C'est dommage, car Serrault a joué dans de bons films (dans leqsquels il a lui-même été bon !), même si ce n'était plus le cas depuis plus de dix ans (comme ça, je vous laisse choisir quel a été son dernier bon film avant qu'il ne devienne un cabotin dans des films gentillets). Alors quoi ? "Garde à vue", "Buffet froid" (pour la scène d'exposition !), "Nelly et M. Arnaud", voire les films de Christian de Chalonge pas revus depuis 20 ans ( je n'y ai pas repensé depuis, mais j'ai envie de revoir "Malevil")…
Et tant qu'à demander des hommages sincères, les chaînes de télés pourraient nous prouver leur indépendance vis-à-vis de l'audience en rendant hommage à Ingmar Bergman. Considéré comme l'un des plus grands réalisateurs au monde, il mériterait cet hommage. Qu'on ne verra pas, son décès passant inaperçu aujourd'hui. Alors que, putain (quoi ? j'ai pas le droit de m'échauffer ?) il a fait de sacrés bons films. Les spectateurs méfiants pourraient découvrir qu'il n'est pas (que ?) le réalisateur soporifique qu'ils imaginent et que certains ont moqué dans leurs sketches. Je conseille à tout le monde de voir "Le septième sceau", ne serait-ce que pour découvrir qu'en plus d'une réflexion sur la mort, il y a des scènes de bouffonneries étonnantes. Mais c'est sûr qu'un film suédois, en noir et blanc, a peu de chance de passer à la télé en 2007. Même le jour de la mort de son auteur. Seule Arte pourrait s'y résoudre… Et s'ils ne le font pas, je vais finir par me décider à acheter le DVD parce qu'aujourd'hui, j'ai envie de revoir ce film.
16:59 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Serrault, Ingmar Bergman, cinema
12.07.2007
Héros ou Zéro ?
Je viens de lire ici un article sur le prochain film de Tom Cruise.
Il est donc en train d'interpréter un personnage réel, une sorte de "héros national". Et on peut comprendre que cela fasse grincer des dents les allemands. Déjà qu'ils ont du mal à supporter qu'on les ramène systématiquement à cette époque, mais là, pour une fois que quelqu'un veut mettre en valeur un de leurs personnages, c'est avec un scientologue dont les dernières prestations ont de quoi inquiéter.
Je me mets à la place de la famille… Imaginez qu'on fasse un film sur votre père. Et qu'on choisisse un acteur qui ne vous plaît pas ! Un type qui a des convictions à l'opposé des vôtres… Comme Jean Réno, par exemple ! Nan, je plaisante, votre père n'avait rien en commun avec ce type, je range mes insultes…
Dans le cas d'une personne "publique" (ou connue, ou ce que vous voulez), les proches ont-ils le droit de donner leurs avis ? En même temps, on est dans la création artistique… Et un film sur votre père mettrait en valeur son oeuvre…
Ce que je trouve curieux, c'est que l'on semble s'arrêter à la personnalité de Tom Cruise, mais pas au scénario (quelle tête feront-ils quand ils découvriront que les scénaristes ont fait du gars une ordure qui voulait être fuhrer à la place du fuhrer ?), ni au réalisateur (un film historique par un réalisateur spécialisé dans le divertissement enfantin, dans les effets spéciaux et les super-héros ? hum…).
Comme d'habitude, c'est le coeur qui a fait réagir, sans aller plus loin dans la reflexion.
Allez, quand Hollywood montera ma biographie avec Tom Cruise dans mon rôle, je ne refuserai pas. J'écrirai juste le scénario, lui faisant dire une réplique dans le style "la scientologie est une secte dont le but est de pomper aussi bien votre cerveau que votre pognon".
11:37 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, tom cruise
















