16.09.2009

Complot mondialisé

La semaine dernière, j'avais reçu un premier mail qui m'avait bien fait rire, je viens d'en recevoir un second qui mérite quelques lignes ici.

Le premier message cherchait à expliquer comment les grands dirigeants du monde, associés à Bill Gates, Rockefeller, Soros et quelques autres, utilisaient l'OMS et la grippe pour réduire la population mondiale grâce à la vaccination.

Inutile de vous dire que cette version de théorie du complot vaut des points.

Le mail d'aujourd'hui reprend les mêmes éléments. Quelques slides ont des titres évocateurs, du style "une pandémie programmée par l'OMS". Mon préféré est "une prise de pouvoir mondiale", qui nous explique qu'en cas de pandémie, les gouvernements nationaux devront céder leurs pouvoirs entre les mains de la responsable de l'OMS.

Le scénario est bien ficelé, il faut le reconnaître.

Je ne vous indique pas comment accéder à ce dossier, parce que je suis absolument convaincu (et là, je suis sérieux) que le powerpoint est bourré de virus. Le but n'est pas, comme le font croire les auteurs, d'alerter l'opinion mondiale d'un génocide mondialisé, mais propager, par la peur, leur saloperie de virus. Alors faites-moi confiance et n'allez pas plus loin pour lire ce que contient le message en question.

Curieusement (enfin, pas si curieusement), cela m'a fait penser à tous ces hoax… Et justement, à propos de vaccination, il y a un sujet chez Hoaxbuster. Et j'ai l'impression qu'on n'a pas fini d'avaler des conneries et des spams, à propos de cette grippe…

14.08.2009

Le cargo manquant

Ca ne doit pas vous étonner, l'affaire a de quoi titiller la curiosité… Depuis vingt-quatre heures, on entend parler d'un cargo qui aurait disparu au large des côtes européennes, dans l'océan atlantique. On sait qu'il se trouvait dans la Manche il y a une quinzaine de jours et qu'il se dirigeait vers Bejaïa (Bougie, pour les nostalgiques francophones ou les possesseurs de très vieux atlas). Or, il n'a jamais passé Gibraltar…

Avec cette histoire, on a de quoi faire tourner son imagination. Un cargo battant pavillon maltais avec un équipage Russe, qui aurait été attaqué fin juillet au large de la Finlande… Curieusement, cette attaque n'est évoquée que depuis deux jours… Le bateau transporterait du bois. J'utilise le conditionnel, parce qu'il faut bien chercher pour quelle raison des pirates auraient attaqué un bateau provenant d'un port russe. Le bois n'aurait une valeur inférieure à 2 millions d'euros. Autant dire rien.

Depuis 24h, la marine russe s'est lancée à fond dans les recherches, ce qui a incité l'Europe à s'intéresser à l'affaire et à chercher aussi.

Pourquoi tout cela ? Parmi les pistes évoquées, on parle aussi d'arnaque à l'assurance, ce qui serait quand même bien moins amusant qu'une prise d'assaut par un commando à la recherche d'une cargaison mystérieuse (selon la rumeur, du nucléaire, voire des armes). Il y a, dans toute cette affaire, de quoi faire une bonne histoire. En espérant que la chute vaudra le coup, elle aussi.

12.08.2009

Brasser du vent

On se souvient, il y a quelques années, d'un premier ministre (qui n'avait pas encore tout à fait renoncé à la vie politique) avouant que l'économie dominait le politique (oui, je caricature, je sais).

Tout le monde lui est tombé dessus, il ne fallait pas le dire, c'était un tabou, une marque de renoncement qui inciterait les gens à se désinteresser de la politique… Sur le fond, il ne faisait qu'avouer ce qu'on savait depuis longtemps.

En ce moment, on aurait plutôt l'inverse. Un gouvernement qui communique sur tous les sujets, faisant croire qu'il maîtrise. Oui oui, pas de problème, on va faire en sorte que Gandrange vive. Les licenciements économiques massifs, on est sur le coup, on vous assure. Les pratiques des banques, ouais, on a mis des règles de folie, les mecs, ils piqueront plus jamais la thune engagée par l'état. Bon, évidemment, trois mois plus tard, il faut remonter au créneau pour expliquer que ça ne va pas se passer comme ça, qu'on ne les abusera pas…

Bon, évidemment, on n'est plus dupe, on sait bien qu'ils se foutent de nous. Les pratiques bancaires n'ont pas changé, ils ont toujours parfaitement le droit de se mettre des bonus plein les poches (faut que ce soit justifié, sois-disant… Mais justifié par qui ? Les contribuables qui paient ces primes ?).

Il existe encore un autre domaine sur lequel le gouvernement brasse du vent, attirant l'attention là où il le veut bien. Tout à l'heure, j'entendais dire qu'au ministère de l'éducation nationale, on planchait sur l'éventualité de fermeture des écoles pour éviter la propagation de la grippe A. Du genre, vous voyez, on bosse sur les cas les plus compliqués. Mais si ça se propage en étant à l'école… On peut supposer que les parents des gamins en question ne pourront pas non plus prendre le métro, aller dans leurs entreprises. Ah, zut, on retombe dans l'économie et on risque de faire baisser les cours de la bourse. Non, arrêtons là et parlons plutôt des enfants, montrons comme on réagit quand il y a un cas bénin dans une colonie de vacances…

Encore un exemple de communication bidon ? La Birmanie. Suite à ça, notre cher président bien aimé à mis ses vacances sur pause pour une déclaration fracassante dans laquelle il évoquait des actions "qui doivent viser tout particulièrement les ressources dont il profite directement dans le domaine de l'exploitation du bois et des rubis". Bon, c'est pas sa faute, il était fatigué, en vacances, tout ça, c'est sûrement pour ça qu'il a oublié d'évoquer le pétrole. Et puis, faut dire qu'il a un ministre qui lui assure depuis quelques années qu'en fin de compte, ils ne sont pas si méchants que ça, les généraux et que Total peut faire du fric là-bas (et lui aussi par ricochet). Ainsi, on communique en demandant des sanctions anecdotiques (et déjà en place), on passe pour un super-défenseur des droits de l'homme en ne faisant strictement rien qui engage quoi que ce soit.

Ce n'est plus de la diplomatie, c'est le business qui prime. Mais comme il ne faut pas le dire, on brasse du vent…

03.08.2009

Seul le record compte

Depuis un an environ, je nage (eh eh, quel humour !) dans le milieu de la voile, je m'intéresse aux navigateurs, je suis leurs performances (en tant que telles et non pour leur résultat sur le papier).

Donc, logiquement, j'ai suivi les tentatives de record de traversée de l'Atlantique nord qui ont enfin eu lieu en fin de semaine. Et quand je lis et j'entends les compte-rendus qui en sont faits, forcément, ça m'énerve.

Vous avez entendu les informations au cours de ces 24 dernières heures, vous avez donc appris que Pascal Bidegorry avait battu ce record. En étant un peu plus attentif, vous avez pu entendre qu'il n'était pas le seul sur le bateau (il était le skipper d'un équipage de 12 marins).

Ce qui m'énerve (entre autres), c'est qu'on ne dit pas un mot sur l'autre tentative qui avait lieu au même moment. Un autre bateau, skippé par Franck Cammas (l'ancien détenteur du record) a, lui aussi, battu l'ancien record. En gros, personne n'avait traversé l'Atlantique en moins de 4j, ils l'ont fait en 3j, 18h… Impressionnant, non ? Le problème, c'est que Bidegorry était arrivé quelques heures plus tôt, en 3j, 15h… Donc, tout le monde se fout de la performance de Cammas et de son équipage.

Autre sujet intéressant, le principe même de ce genre de record… Ca fait des semaines que les 2 bateaux étaient dans les starting-blocks, à New-York. Tout le monde était prêt, à attendre la bonne "fenêtre météo". Ah ben oui, il ne faut pas croire qu'ils partent au hasard, sûrs de leur bateau. Ils ne vont pas s'amuser à tomber dans la pétole et se traîner sur l'océan, de même qu'ils ne vont pas risquer de casser leur jouet.

Ca fait fes mois qu'ils le préparent, ce record (les deux bateaux). Tout est fait pour cela. C'est la technologie mise dans le seul but de battre un record, d'en mettre plein la vue. Devant le nombre d'accidents, il y a une dizaine d'années, les grandes courses de voile avaient décidé de limiter la taille de ces monstres. Beaucoup de marins se sont calmés et ont préféré d'autres options. Les courses en équipages sur ces maxi-multicoques ont pris une autre teneur. On est revenu aux classements pour les 60 pieds (à peu près la moitié de la taille du Banque pop de Bidegorry).

C'est quoi, l'intérêt de tels records ? Déjà que je ne m'intéresse pas aux courses… La voile, pour moi, c'est plus l'exploit d'arriver au bout. Je repense au Vendée Globe, que j'avais suivi pour les mêmes raisons professionnelles. J'étais presque plus admiratif envers le dernier, l'Autrichien qui a bouclé son tour du monde un mois après Desjoyeaux, mais sur un vieux bateau, avec des moyens fincanciers bien plus limités…

A ce propos, et vous en entendrez parler dans les semaines et les mois qui viennent, j'en profite pour clamer mon admiration envers Eugène Riguidel. Un grand navigateur et un mec bien. Mais j'y reviendrai forcément…

 

Ah oui, quitte à parler des navigateurs, je ne peux qu'être impressionné par Yann Elies, qui se fracture la jambe au milieu de nulle part en décembre (en plein Vendée Globe, il a dû tenir seul à bord pendant plusieurs jours en attendant les secours venus d'Australie). Ce week-end, il a gagné la première étape de la course du Figaro. Ce n'est pas tant la victoire qui m'impressionne que sa participation. Ce mec n'a pas pu poser un pied par terre pendant des semaines et 6 mois plus tard, il reprend comme si de rien n'était… Des malades, je vous dis…

02.02.2009

Remettre en perspective

Hier, j'ai entendu cette information, à propos d'une centaine de Kenyans qui a péri dans l'explosion d'un camion-citerne. La citerne était en rade et les gens se sont précipités pour récupérer quelques gouttes (ou quelques litres) d'essence quand le camion a explosé.

Ils sont donc morts pour de l'essence.

Cette histoire sordide n'est pas unique puisqu'il s'était déjà produit la même chose au Nigéria il y a quelques mois.

La misère est telle qu'il faut prendre des risques pour essayer de s'en sortir. Impressionnant, non ?

Il se trouve que vendredi, j'ai passé l'après-midi à interviewer le responsable d'une association pour la Mémoire d'Auschwitz. Ce monsieur organise des voyages sur les lieux ou son propre père a péri. Quand je lui ai demandé ce que ça faisait de retourner sur place (il y est retourné une quinzaine de fois), il m'a répondu que c'était une sorte de thérapie. Quand on est confronté à "ça", on ne voit plus nos petits problèmes quotidiens de la même manière. Nos petits malheurs sont tellement dérisoires. Et dire que nous passons nos journées à nous plaindre (moi le premier !)…

 

PS : A propos du Kenya… Depuis des mois, les seules fois où les medias avaient évoqué ce pays, c'était pour parler de la famille d'Obama. La misère n'était jamais mentionnée…

28.01.2009

Des mots

Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne fais pas souvent attention aux mots employés. J'ai beau lire, écrire, c'est plutôt ce que forment ces mots que je retiens.

Et pourtant, coup sur coup, je viens de remarquer par 2 fois que les mots employés avaient une connotation implicite sur l'ensemble d'un texte. Tout d'abord, j'ai reçu un mail annonçant une soirée de soutien à la population de Gaza. Il y était question de "l'agression" de l'armée Israélienne. Agression… D'après mon dictionnaire, une "agression est une attaque non provoquée et brutale". Autant dire qu'évoquer une agression de la part de l'armée Israélienne, c'est déjà prendre parti, considérer que l'attaque n'était pas provoquée (c'est l'argument des Israéliens, non ?) et qu'elle était brutale.

Deuxième cas, quelques instants plus tard, je vois dans la rue une affiche pour le Parisien. Le grand titre "Grève : qu'est-ce qui vous attend demain ?". Alors bien sûr, on peut prendre ça pour la méthode du Parisien consistant à tout ramener au niveau du lecteur de base pour qu'il se sente concerné et qu'il lise le journal. D'où le "vous".  Mais dans le "qu'est-ce qui vous attend", il y a une connotation négative évidente, du genre "qu'est-ce que vous allez subir". On n'est pas loin du "qu'est-ce qu'ils vont nous faire subir" stigmatisant les grévistes.

Donc, oui, bien sûr, les mots ont un sens, la neutralité est difficile à obtenir, on le voit souvent dans la presse (d'ailleurs, je viens de faire un tour sur les sites du Nouvel Obs, du Monde et du Figaro (eh ouais !), la grève est annoncée de manière neutre, puisqu'on n'y parle que des perturbations et non de ceux qui vont les subir).

D'ailleurs, faut aussi être honnête, ces mots qui ont un sens, ils m'arrangent souvent ! J'aurais trop peur d'être transparent si ce n'était pas le cas. Faut juste que la subjectivité soit avouée.

15.01.2009

De la fiction à la réalité

C'est étrange… Ces derniers jours, je passe beaucoup de temps dans la fiction. Je navigue au large des côtes Bretonnes, je suis assez content de ma petite météo personnelle (ça, ça veut dire que j'avance enfin ! Youpi !). Mais dès que j'en sors, dès que je prends des nouvelles du monde réel, je me prends une claque.

J'ai du retard, je ne comprends que peu à peu ce qui se passe à Gaza. Tout à l'heure, je disais à ma petite femme que je croyais avoir enfin compris que ce qui se passait ces jours-ci n'était que la conséquence d'un an ou de je ne sais combien de mois de pourrissement d'une situation humainement invivable. Mais on était où pour s'alarmer des conditions économiques des civils de gaza ? Ou des populations vivant du côté égyptien, du côté du Sinaï ? Là, il ne s'agit pas d'un problème politique (quoique…), mais de misère.

Alors voir, entendre, lire… une guerre, une population civile prise en étau, c'est difficile à supporter à l'heure actuelle. On ne peut pas dire qu'on ne sait pas. On arrive même à savoir alors que les journalistes sont mis de côté.

La situation est encore plus choquante (si si, je vous assure) quand on entend des considérations du style "Israël veut aller vite avant l'investiture d'Obama" ou "les politiques Israëliens sont en campagne électorale avant les législatives du 10 février"…

Mais à part être horrifié quand on entend parler des hopitaux sans médocs, des médecins qui soignent sous les bombes…, qu'est-ce qu'on peut faire ? L'indignation, c'est bien gentil, mais bon… De même, les manifs comme celles de la semaine dernière sont dérisoires. Ca fait chier, tout ça (oui, être grossier aussi, c'est dérisoire, mais c'est bien une preuve de frustration). Filer du fric aux associations humanitaires qui sont sur place ne fait que soulager un peu la conscience et l'énervement de ne pas pouvoir être plus utile.

25.11.2008

Contestataire

C'est vrai que je suis un éternel râleur. Ca, je ne le conteste pas. Mais ce n'est pas pour autant dans mes habitudes de donner raison aux grévistes.

C'est sûrement des restes de mon éducation, de ce que mes parents m'ont tranmis, le côté bien sage…

Il y a quelque temps, je discutais avec une personne, syndicaliste pur et dur, qui s'amusait du fait que je n'ai pas participé à plus de 5 manifs dans toute ma vie. Lui, c'est plutôt 5 par mois ! A chaque fois que je le croise, il râle, y compris contre ses propres copains.

Alors la grève, pour moi, c'était longtemps un truc éloigné, des gens bizarres qui emmerdaient le monde (oui, je sais, pour les plaintes, adressez vous à mes parents). En grandissant, voire en vieillissant, j'ai commencé à comprendre pourquoi certains faisaient grève.

Et là, depuis une semaine, il m'arrive un truc incroyable : je suis entièrement d'accord avec les 2 grèves qui me touchent. Ca a commencé la semaine dernière avec la grève des instits. Ok, j'ai dû me démerder pour faire garder mes filles parce que l'école était fermée (j'aurais pu tenter de les refourguer dans ce bidouillage qui a été mis en place, mais laisser mes filles à du personnel non compétent et débordé par un trop grand nombre d'enfants, très peu pour moi). Mais j'étais de tout coeur avec les instits. Quand on voit les coupes franches, les bricolages, les tentatives pour gagner 3 sous, les magouilles avec les apprentissages (allez, on vous enlève des heures, on vous rajoute des matières pour lesquelles les instits ne sont pas formés), le sacrifice des gamins en difficulté (plus de Rased à terme, comme si l'aide personnalisée bricolée sur la base du volontariat pouvait résoudre quoi que ce soit)… Bon, j'ai pas besoin de m'étendre, c'est un jeu de massacre, je ne pouvais donc qu'approuver la grève.

Ce matin, le réveil s'est mis en marche sur de la musique (Roxane, comme par hasard, à croire qu'ils veulent que je choisisse vraiment ce prénom pour mon personnage). Ce n'était pourtant pas ce que j'attendais. J'ai fini par comprendre qu'il s'agissait d'une grève en réaction au projet de loi sur l'audiovisuel public. Et là encore, je suis d'accord avec les grévistes. Bon, d'accord, pour la radio, je ne pense pas que ça change grand-chose (mais la radio n'est pas ma spécialité). Mais la télé (là, j'ai le droit d'en parler, j'ai quand même 10 ans d'expérience professionnelle dans le secteur)…

Comment peut-on croire qu'en supprimant une source importante de revenus, sans vraiment pérenniser la compensation, on pourrait garder la même qualité ? Bon, d'accord, si c'est pour virer Ruquier, Courbet et quelques autres, ça ne me dérange pas. Mais la production, elle va devenir quoi ? Déjà qu'on voit venir la baisse des contraintes de production pour les chaînes privées (ça fait partie du deal. Canal Plus a eu le droit d'émettre à condition de financer le cinéma français. De même, TF1&co doivent produire un certain nombre d'heures de fiction française. Or, comme ces fictions sont de moins en moins rentables, ils négocient avec leur petit copain à talonnette pour faire dégager cette obligation).

Sans film, sans téléfilm qui tient la route, mais aussi sans sport puisque le service public devra renoncer à Rolland Garros, la Coupe moustache de foot, les JO, l'équipe de France de rugby ou le tour de France (à moins que ça ne reste une émission médicale)… A l'arrivée, on se retrouvera avec un service public qui ressemblera à la Cinq de la fin des années 80 (cool, justement, je rêve de revoir Happy days !). Une télé cheap. Avec des chaînes qui vont sauter (le statut de France 3 est en sursis depuis longtemps, entre privatisation, régionalisation au rabais…).

Tout ça pour dire (longuement) que ça m'inquiète un peu. Les mesures prises en ce moment sont telles que je me sens de plus en plus dans la contestation. Manquerait plus que je fasse grève ! Remarquez, ça me donnerait une excuse pour ne pas avancer dans la rédaction de mon bouquin…

18.11.2008

Et en bateau à voile

Quand j'étais petit, je suivais les courses transatlantiques. Ca me faisait rêver, ces bateaux qui quittaient la terre et qui rejoignaient un autre continent en passant par cette espèce de terra incognita que représentait le milieu des océans.

Pour suivre l'évolution des bateaux, je me souviens que je me préparais une carte sur une feuille quadrillée, genre papier millimètré. Et tous les jours j'écoutais la radio où l'on donnait la position exacte des bateaux (latitude et longitude). Je faisais ensuite des petits points sur ma feuille. Cela me permettait de visualiser l'avancée des coureurs, les options différentes choisies… Et quand je ne pouvais écouter la radio, il existait aussi un numéro de téléphone qui donnait toutes ces informations.

Avec le départ du Vendée Globe, j'ai un peu l'impression de retomber dans cette parcelle d'enfance. Régulièrement, je jette un coup d'oeil à ce site, qui donne les mêmes informations que quand j'étais gamin, mais en beaucoup plus précises. Je n'ai plus rien à faire, les bateaux sont déjà positionnés, avec leur cap, leur vitesse… Encore plus fort, il y a aussi une option qui permet de voir les vents (force et direction). Ainsi, pr exemple, on comprend très facilement pourquoi les premiers bateaux s'écartent de l'Afrique et passent plus à l'ouest, alors même qu'ils devront virer vers l'est pour franchir la cap de bonne espérance. Juste devant eux, légèrement à l'est, on voit bien une zone de calme plat. Autant faire une route un peu plus longue, mais profiter de vents plus forts.

En écrivant ces lignes, je me suis dit qu'il y avait certainement d'autres sources, profitant de la technologie du net… Je viens donc de trouver cette vidéo de Jean Le Cam (à la lutte pour la première place). Alors c'est sûr que tout ça, ça enlève une grande partie du mystère, du côté un peu romantique de la traversée des océans, mais je trouve ça impressionnant, de pouvoir être en contact, avoir des photos, des images, directement depuis… ben, je ne sais pas trop où, au large de l'Afrique.

 

PS : vous aviez bien sûr reconnu, dans le titre, la référence à une des chansons préférées de ma fille, qui aime Prévert sans même le savoir.

05.11.2008

Un petit progrès

Bien sûr, l'événement du jour, c'est l'élection d'Obama. On pourrait résumer ça par une série de "ouf".

Ouf parce que le monde évite le tandem McCain/Palin.

Ouf parce que si Obama avait été battu dans les mêmes conditions que Gore en 2000, on n'aurait plus jamais revu tous ceux qui se sont enfin mobilisés pour cette élection. Tous ceux qu'on nous a montrés ces derniers jours, qui disaient que pour la première fois, ils allaient pouvoir voter pour quelqu'un qui leur ressemblait…

Reste à voir comment Obama va s'en sortir pour ne pas décevoir l'attente créée par son élection…

Je crois que c'est Obama qui a évoqué le côté "rêve américain" de son élection, où tout est possible. Alors c'est sûr, ça a l'air positif comme ça, mais faut quand même revenir sur terre. Pour cela, il faut voir les référendums qui avaient lieu hier dans un certain nombre d'états. Les résultats font franchement froid dans le dos. En Arizona, Arkansas, Californie et Floride (soit les 4 états concernés par le vote), une majorité d'électeurs ont choisi de refuser les mariages homosexuels. Dans le Colorado, la majorité a validé la proposition qui dit que la vie humaine commence dès la conception. Alors bien sûr, on peut réfléchir à cette notion, sauf que concrètement, ça veut que toute forme d'avortement est désormais interdite !

Bon, à part cette joyeuse série de positions ringardes, les électeurs ont aussi pu se prononcer sur des sujets plutôt étonnants… Ainsi, dans le Michigan, ils se sont prononcé en faveur des recherches sur les cellules souche (genre de décision que refusent les intégristes copains de Bush et Palin) et pour l'usage thérapeutique de la marijuana. Dans l'état de Washington, ils ont approuvé l'euthanasie (appelée "doctor-assisted suicide").

Inutile de vous dire quel candidat à la présidentiel s'est imposé dans ces derniers états…

Pour plus d'infos sur ces "ballot measures", regardez sur le site de CNN.

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